Nobel de la paix à Navi Pillay : la colère d'Israël
Nobel de la paix à Navi Pillay : la colère d'Israël

La Sud-Africaine Navanethem Pillay, dite Navi Pillay, ancienne juge de la Cour pénale internationale (CPI), a remporté, vendredi, le prix Nobel de la paix pour « ses efforts en faveur de la paix et du droit international ». Ce choix est vivement contesté par Israël, qui y voit une légitimation de « la haine anti-Israël ».

Un rapport de l'ONU à l'origine de la controverse

Le contentieux entre Navi Pillay et l'État hébreu remonte à septembre 2025. La commission d'enquête indépendante de l'ONU, présidée par Navi Pillay, avait alors conclu à un génocide commis dans la bande de Gaza par les forces de Tsahal. Israël avait rejeté ce rapport, le qualifiant de « scandaleux » et de « faux ».

Vendredi, la diplomatie israélienne a réagi avec virulence sur X : « S'il existait un prix récompensant les mensonges, la haine et les calomnies sanglantes, Navi Pillay ne serait pas seulement en lice. Elle serait la grande favorite. »

La position du comité Nobel et de la lauréate

Le président du comité Nobel norvégien, Jørgen Watne Frydnes, a refusé de se prononcer sur la question de savoir si Israël commet un génocide à Gaza. « Nous ne sommes pas un tribunal. Il s'agit de son rapport, du rapport de la commission, et nous avons bien sûr une grande confiance dans son professionnalisme et son intégrité », a-t-il déclaré dans un entretien avec l'AFP, relayé par BFMTV.

Navi Pillay n'a pas éludé le sujet. « La dernière chose que j'ai faite, c'est remettre le rapport sur Gaza, dans lequel je qualifie de génocide ce qui s'y passe », a rappelé la lauréate, devant un public rassemblé pour célébrer sa distinction.

Le droit international sous pression

Navi Pillay a également fait référence à la décision de la Vénézuélienne Maria Corina Machado de remettre sa médaille Nobel au président américain. « Si vous applaudissez un peu plus fort, je partagerai peut-être ce prix avec Trump », a-t-elle ajouté, déclenchant des rires.

Elle a averti que les attaques politiques croissantes contre le droit international risquaient de ramener le monde à un système dans lequel « c'est la force plutôt que le droit qui détermine quelles souffrances comptent ». Le comité Nobel a souligné : « Le système du droit international est soumis à une pression considérable et ses institutions sont attaquées. Nous assistons à un glissement vers une politique fondée sur les rapports de force, au détriment des cadres juridiques et du respect du droit et de la justice à l'échelle mondiale. »

Des sanctions américaines contre la CPI

La CPI, dont le siège est à La Haye, est la cible du président américain Donald Trump. Sa campagne contre la Cour s'est intensifiée après l'émission, l'année dernière, de mandats d'arrêt contre Benyamin Netanyahou. Le mois dernier, Donald Trump a appelé les pays à quitter la CPI et a imposé des sanctions ciblées à plusieurs procureurs et juges de la Cour. Il envisagerait des mesures plus larges, en représailles aux poursuites visant des dirigeants israéliens.

Quelques heures après l'annonce du Prix Nobel de la paix, l'administration Trump a annoncé des sanctions visant à paralyser le fonctionnement de la CPI.