Un méthanier russe à la dérive en Méditerranée en passe d'être remorqué par la Libye
Le gouvernement libyen d'unité nationale (GUN), basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, a annoncé ce mardi 24 mars 2026 le début des opérations de remorquage du méthanier russe Arctic Metagaz. Ce navire, attaqué début mars, a passé trois semaines à la dérive dans la mer Méditerranée, suscitant des craintes de catastrophe écologique majeure avant d'être pris en charge.
Une opération de sauvetage coordonnée pour éviter une marée noire
Le Centre de coordination des opérations de recherche et de sauvetage des garde-côtes libyens supervise l'opération, impliquant des équipes spécialisées qui ont réussi à sécuriser et amarrer le navire. En attendant de le remorquer vers un emplacement approprié pour l'empêcher de dériver davantage vers la côte, a indiqué le GUN sur Facebook. Le gouvernement a assuré mobiliser tous les moyens disponibles pour préserver la sécurité des eaux territoriales libyennes.
Moscou accuse l'Ukraine d'avoir attaqué début mars, avec des drones navals lancés des côtes libyennes, l'Arctic Metagaz. Ce méthanier long de 277 mètres, parti de Mourmansk en Russie, transportait du gaz naturel liquéfié (GNL) à destination de Port-Saïd en Égypte. Le navire appartenait à la flotte fantôme russe, composée de pétroliers vieillissants utilisés pour contourner les sanctions occidentales sur le pétrole et le gaz.
Risque écologique et réponse internationale
Les 30 membres de l'équipage ont été secourus, laissant le navire abandonné à la dérive entre Malte et la Libye. Aucun signe de dispersion des quelque 700 tonnes d'hydrocarbures présents dans ses réservoirs n'avait été relevé, selon les autorités italiennes. Face au risque imminent et grave de catastrophe écologique majeure, l'Italie, la France, Malte, l'Espagne, la Grèce et Chypre ont adressé une lettre commune à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Le ministère libyen de la Défense suit de près le positionnement du pétrolier, qui s'est rapproché des côtes de Zouara, à 140 kilomètres à l'ouest de Tripoli, pour protéger le littoral et le milieu marin. Un remorqueur des champs pétroliers offshore participe à l'opération, apportant un soutien technique et logistique. La mission est menée en coordination entre le ministère de la Défense, les gardes-côtes et la Compagnie nationale de pétrole (NOC).
La NOC a annoncé samedi avoir engagé, en partenariat avec le géant italien des hydrocarbures ENI, une société spécialisée dans les incidents impliquant des navires pétroliers pour remorquer le méthanier russe vers un port libyen. Cette action vise à prévenir tout déversement d'hydrocarbures qui pourrait menancer les écosystèmes marins de la région.



