Un navire de la flotte énergétique russe détruit en mer Méditerranée
Un premier méthanier appartenant à la "flotte fantôme" russe a été coulé en Méditerranée alors qu'il transportait du gaz naturel liquéfié (GNL) à destination du marché asiatique. L'Arctic-Metagaz, long de 277 mètres, a été attaqué dans la soirée du mardi 3 mars alors qu'il naviguait à l'est de Malte. Ce navire, construit il y a vingt-trois ans, a sombré dans la nuit de mardi à mercredi après avoir été la cible d'une opération militaire.
Un parcours mouvementé avant le drame
L'Arctic-Metagaz appartenait à l'origine à la société norvégienne Bergesen avant de porter, pendant dix ans (2013-2023), le nom de BW-GDF-SUEZ-EVERETT, en référence au groupe gazier français. Il avait récemment passé sous pavillon russe et faisait partie de la flotte utilisée pour contourner les sanctions internationales. Le méthanier avait quitté la péninsule de Kola, à l'extrême nord de la Russie, et se dirigeait vers Port-Saïd, à l'embouchure du canal de Suez en Égypte, lorsqu'il a été attaqué.
Une attaque spectaculaire documentée en images
Des images filmées par d'autres navires croisant dans les environs montrent le méthanier en proie à de gigantesques flammes au cours de la nuit. Au petit matin, des prises de vues aériennes par drone ont révélé un trou large de plusieurs dizaines de mètres dans la coque, au niveau de la ligne de flottaison. Ces dégâts suggèrent que l'engin utilisé pour provoquer l'explosion était un drone naval chargé de plusieurs centaines de kilos d'explosif, une méthode d'attaque de plus en plus répandue dans les conflits maritimes modernes.
Conséquences et contexte géopolitique
Cette attaque intervient dans un contexte de tensions internationales persistantes liées à la guerre en Ukraine. La destruction de l'Arctic-Metagaz représente un coup dur pour les exportations énergétiques russes et soulève des questions sur la sécurité des voies maritimes en Méditerranée. Les autorités ukrainiennes, par le biais de la plateforme War & Sanctions liée à leur direction du renseignement, ont publié des photos du navire avant son naufrage, sans toutefois revendiquer directement l'attaque. Cet incident pourrait ralentir les négociations de paix, comme l'a récemment estimé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui pointe du doigt le contexte international complexe.



