Mexique : mobilisation massive après la mort d'El Mencho, à l'approche de la Coupe du monde
Mort d'El Mencho : le Mexique déploie 10 000 soldats

Le Mexique en état d'alerte après la mort du baron de la drogue El Mencho

Le Mexique a réagi avec une force considérable au décès de Nemesio Oseguera, connu sous le pseudonyme « El Mencho », le baron de la drogue le plus recherché du pays. Les autorités ont mobilisé des troupes massives pour sécuriser le territoire, déployant initialement 10 000 soldats dans l'ouest du pays, une région clé à quelques mois de la Coupe du monde de football 2026.

Une opération militaire fatale et ses conséquences immédiates

Nemesio Oseguera, chef du Cartel de Jalisco Nueva Generacion (CJNG), a été blessé dimanche lors d'une opération militaire dans la ville de Tapalpa, dans l'État de Jalisco. Il est décédé pendant son transfert en avion vers Mexico, selon les déclarations de l'armée mexicaine. L'annonce de sa mort a déclenché une violente réaction de la part du cartel, dont des membres présumés ont :

  • Bloqué des routes et incendié des véhicules
  • Attaqué des stations-service, des commerces et des banques
  • Affronté les forces de l'ordre dans 20 États mexicains

Le ministre de la Sécurité, Omar Garcia Harfuch, a confirmé que les affrontements ont entraîné la mort d'au moins 25 membres de la garde nationale, ainsi que d'un agent de sécurité et d'un fonctionnaire du parquet. En réponse, les forces de l'ordre ont tué 30 membres du cartel. Face à cette escalade, le gouvernement a annoncé lundi l'envoi de 2 500 soldats supplémentaires dans le Jalisco, portant le total des militaires déployés depuis dimanche à 10 000.

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Un pays sous tension à l'approche de la Coupe du monde 2026

Les autorités mexicaines espèrent mettre fin aux troubles rapidement, alors que le pays se prépare à co-organiser la Coupe du monde de football 2026 avec les États-Unis et le Canada. Guadalajara, capitale de l'État du Jalisco, est l'une des villes-hôtes désignées pour accueillir quatre matchs du tournoi. La présidente Claudia Sheinbaum a assuré lundi que le pays « est en paix, il est calme », affirmant qu'il n'y avait plus de barrages routiers. Cependant, des observateurs de l'AFP ont signalé la présence de certains barrages près de Guadalajara et du lieu de l'arrestation du baron.

À Guadalajara, la peur était palpable : les rues étaient à moitié désertes, la plupart des commerces sont restés fermés lundi, et les écoles ont suspendu les cours dans le Jalisco et une dizaine d'autres États par crainte de nouvelles violences. Un retraité de 70 ans, Jorge Martinez, a décrit une situation « un peu critique », où sa famille n'est pas sortie et où il a dû être servi à travers une fenêtre de pharmacie. Teresa Loza, 51 ans, a confié : « On sort avec un peu de peur ». La FIFA, sollicitée pour commenter, a indiqué ne pas souhaiter s'exprimer sur la situation au Mexique à ce stade.

La question de la succession et les implications internationales

Nemesio Oseguera, tué à l'âge de 59 ans, était considéré comme le dernier des grands parrains de la drogue au Mexique, surtout après l'arrestation des fondateurs du cartel rival de Sinaloa. À la tête du CJNG, il faisait l'objet de recherches intensives par le Mexique et les États-Unis, qui offraient jusqu'à 15 millions de dollars pour sa capture. En 2025, les États-Unis ont qualifié le CJNG d'« organisation terroriste », l'accusant de trafic de cocaïne, d'héroïne, de méthamphétamine et de fentanyl.

L'ancien président américain Donald Trump a fait de la lutte contre le narcotrafic une priorité, exhortant à plusieurs reprises Claudia Sheinbaum à autoriser l'envoi de forces américaines au Mexique. La dirigeante a confirmé lundi qu'il n'y avait pas eu « de participation des forces des États-Unis dans l'opération », mais a reconnu « beaucoup d'échange d'informations ».

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La mort d'El Mencho soulève des interrogations majeures sur sa succession. Gerardo Rodriguez, expert en sécurité à l'Université des Amériques à Puebla, estime que Nemesio Oseguera « était omniprésent » et « n'avait pas de successeurs évidents », ce qui pourrait entraîner des scissions au sein du CJNG. Cette incertitude ajoute une couche de complexité à la situation déjà tendue, alors que le Mexique tente de rétablir l'ordre public en vue des événements sportifs internationaux à venir.