La mort de Khamenei réveille le Hezbollah et sonne le glas de l'axe de la Résistance iranien
Mort de Khamenei : le Hezbollah attaque, l'axe de la Résistance vacille

La mort de l'ayatollah Khamenei réveille un acteur régional que l'on croyait éteint

La disparition brutale de l'ayatollah Khamenei, guide suprême iranien éliminé par Israël et les États-Unis le 28 février dans sa résidence de Téhéran, a provoqué un réveil soudain du Hezbollah. En représailles directes, l'organisation chiite libanaise a lancé plusieurs salves de missiles et de drones contre l'État hébreu, marquant une première depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu de novembre 2024.

Le chant du cygne de l'axe de la Résistance

Ces attaques, qui n'auraient certainement pas eu lieu sans l'aval explicite de Téhéran, représentent le dernier sursaut de ce que l'on appelle l'« axe de la Résistance ». Ce réseau complexe de milices pro-iraniennes – comprenant le Hamas, le Hezbollah, les houthistes et diverses milices chiites – a été patiemment construit par la République islamique au cours des quarante-sept dernières années comme un instrument de pression contre les États-Unis et Israël au Moyen-Orient.

« La philosophie fondamentale était d'attiser les tensions régionales pour maintenir l'ennemi occupé à combattre les organisations révolutionnaires loin des frontières iraniennes, plutôt que de voir le conflit se déplacer sur le territoire national », explique Ali Alfoneh, chercheur à l'Arab Gulf States Institute de Washington. Cette stratégie de guerre asymétrique a permis à l'Iran d'exercer une influence considérable sans s'engager directement dans des confrontations militaires frontales.

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Un historique d'actions violentes par procuration

Ces mouvements islamistes de guérilla, véritables maîtres dans l'art du combat asymétrique, ont perpétré de nombreux attentats meurtriers contre des citoyens israéliens et occidentaux au fil des décennies. Le Hezbollah est notamment responsable de l'attentat du Drakkar le 23 octobre 1983 à Beyrouth, lorsqu'un camion piégé a dévasté un bâtiment abritant des militaires de la Force multinationale de sécurité au Liban, causant la mort de 58 soldats français.

L'organisation chiite libanaise est également à l'origine de l'attentat antisémite contre l'Association mutuelle israélite argentine à Buenos Aires le 18 juillet 1994, commis au nom de Téhéran et faisant 85 morts ainsi que plus de 300 blessés. « Le recours systématique à ces formations proxy permettait à l'Iran d'agir sur la scène internationale tout en évitant soigneusement une confrontation directe avec ses adversaires », souligne l'historien militaire Pierre Razoux, directeur académique à la Fondation méditerranéenne d'études stratégiques.

L'apogée et le déclin rapide de l'influence iranienne

À la veille des massacres du 7 octobre en Israël, l'« arc chiite » pro-iranien semblait atteindre son zénith. En privé, des membres des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique, se vantaient ouvertement de contrôler pas moins de quatre capitales arabes – Bagdad, Damas, Beyrouth et Sanaa – par l'intermédiaire de leurs mandataires régionaux, les encourageant activement à passer à l'action contre Israël.

La responsabilité indirecte dans les événements du 7 octobre

« Selon nos informations les plus fiables, il n'y a pas eu d'instructions directes de la part des autorités iraniennes au Hamas pour commettre les attentats du 7 octobre », nuance cependant le général Tamir Hayman, ancien chef des renseignements de l'armée israélienne. « Mais indirectement, en fournissant des moyens de combat substantiels au Hamas pendant des années, les Gardiens de la révolution lui ont donné la confiance et les capacités nécessaires pour passer à l'action de manière autonome. »

La riposte israélienne brise l'axe de la Résistance

La réponse militaire massive d'Israël à Gaza, au Liban et au Yémen a eu pour effet immédiat de briser la cohésion et la puissance de l'« axe de la résistance ». Cette riposte a sonné le début d'un reflux inexorable pour l'influence iranienne dans la région. Plus de deux ans après les pires attentats de l'histoire d'Israël, la situation a radicalement changé :

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  • Le Hamas palestinien se trouve aujourd'hui dans une situation extrêmement précaire, aux abois
  • Le Hezbollah libanais, autrefois craint, est désormais au tapis militairement
  • Le régime syrien de Bachar el-Assad a été renversé, privant l'Iran d'un allié stratégique
  • Les houthistes yéménites restent marginalisés et isolés sur la scène internationale

La mort de Khamenei et la réaction du Hezbollah marquent ainsi un tournant symbolique dans l'affaiblissement progressif de l'influence iranienne au Moyen-Orient, révélant la fragilité d'un réseau qui semblait pourtant solidement établi depuis près d'un demi-siècle.