María Corina Machado justifie son soutien à Donald Trump et annonce son retour au Venezuela
La dirigeante de l'opposition vénézuélienne María Corina Machado a tenu des propos fermes lors d'une conférence de presse à Madrid ce samedi. Âgée de 58 ans, elle a répondu sans ambages à une question sur sa possible déception concernant les actions des États-Unis depuis l'éviction du président Nicolas Maduro en janvier dernier. « Il y a un leader dans le monde, un chef d'État dans le monde, un seul, qui a mis en danger la vie de citoyens de son pays pour la liberté du Venezuela, et c'est Donald Trump », a-t-elle déclaré avec conviction.
Un geste symbolique qui ne suscite aucun regret
María Corina Machado a également confirmé qu'elle ne regrettait pas d'avoir offert symboliquement sa médaille de lauréate du prix Nobel de la paix à l'ancien président américain lors d'une rencontre en janvier 2026. « Et c'est quelque chose dont, nous, les Vénézuéliens nous nous rappellerons toujours […] par conséquent, non, je ne le regrette pas », a-t-elle ajouté, soulignant l'importance de ce geste dans le contexte de la lutte pour la démocratie dans son pays.
Coordination avec Washington pour un retour au Venezuela
Évoquant son retour imminent au Venezuela, où elle vivait dans la clandestinité avant de quitter le pays pour recevoir le Nobel à Oslo en décembre, María Corina Machado a assuré qu'elle coordonnait ce point avec le gouvernement des États-Unis. « J'en parle avec le gouvernement des États-Unis et nous le faisons de manière coordonnée, dans le respect mutuel », a-t-elle précisé. Elle a jugé le rôle de Washington « fondamental pour avancer vers une transition démocratique » au Venezuela.
Un discours passionné devant des milliers de sympathisants à Madrid
En début de soirée, après avoir été reçue par la présidente de droite de la région de Madrid, María Corina Machado s'est adressée depuis le balcon de l'institution à des milliers de sympathisants rassemblés sur la place en plein centre de Madrid. « Tout ce que nous avons fait pendant ces 27 longues années, c'est de nous préparer pour un moment de retrouvailles et de construction d'une nation qui sera libre pour toujours », a-t-elle lancé, faisant allusion à la durée du chavisme au Venezuela sous Hugo Chávez et son successeur Nicolas Maduro.
Critiques envers Gustavo Petro et Delcy Rodríguez
Samedi matin, la lauréate du prix Nobel de la paix a également critiqué le président colombien Gustavo Petro, qui participait à une réunion de dirigeants progressistes internationaux à Barcelone. Petro a appelé à la mise en place d'un gouvernement de coalition au Venezuela entre la présidente intérimaire Delcy Rodríguez et l'opposition, et a annoncé une visite au Venezuela le 24 avril prochain. María Corina Machado l'a rangé parmi les « acteurs ou forces qui cherchent désespérément des excuses, des manœuvres, pour empêcher l'avancée du processus électoral au Venezuela ».
À propos de Delcy Rodríguez, qui était la vice-présidente de Nicolas Maduro avant son éviction, María Corina Machado a été sans appel : « Delcy Rodríguez représente le chaos, Delcy Rodríguez représente la violence, Delcy Rodríguez et son régime représentent la terreur ». Elle a ainsi rejeté toute idée de coalition avec l'ancien régime.
Visite en Europe et rencontres politiques
À Madrid, où elle est arrivée après un passage en France durant lequel elle a notamment échangé avec le président Emmanuel Macron, María Corina Machado avait déjà rencontré vendredi les chefs de file de l'opposition de droite et d'extrême droite. Cependant, elle n'a pas rencontré le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, ce qui souligne les nuances de son approche diplomatique en Europe.
Ces déclarations et actions illustrent la détermination de María Corina Machado à poursuivre son combat pour la démocratie au Venezuela, tout en maintenant des alliances stratégiques à l'international. Son retour au pays, coordonné avec les États-Unis, marque une étape cruciale dans cette lutte de longue haleine.



