Kosovo : Nouvel échec à l'élection présidentielle, des élections anticipées inévitables
Kosovo : Échec présidentiel, élections anticipées inévitables

Kosovo plongé dans une impasse politique après l'échec de l'élection présidentielle

Le Kosovo reste englué dans une crise politique profonde. Ce jeudi 5 mars 2026, les députés, profondément divisés, ont une nouvelle fois échoué à élire un président de la République, obligeant les citoyens à retourner aux urnes pour la troisième fois en un peu plus d'une année. Cette situation prolonge l'instabilité institutionnelle qui frappe le pays depuis près d'un an.

Une session parlementaire infructueuse et un boycott de l'opposition

La session de l'assemblée, tenue à Pristina, a été ajournée peu avant minuit, dans la nuit du 5 au 6 mars, au moment où expirait le délai légal pour l'élection du nouveau chef d'État. La présidente du Parlement, Albulena Haxhiu, a déclaré : « Je suspends la séance. Nous n'avons pas le quorum requis pour voter ». Seuls les députés du parti au pouvoir, Vetëvendosje, étaient présents, l'opposition ayant choisi de boycotter massivement la séance.

Bien qu'il ait remporté deux élections générales consécutives, le parti du premier ministre Albin Kurti n'a pas réussi à obtenir le soutien nécessaire pour son candidat à la présidence, Glauk Konjufca. Cette impasse maintient le Kosovo sans parlement pleinement opérationnel depuis des mois, paralysant les décisions cruciales pour le pays.

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Vers des élections anticipées et des retards dans les négociations avec la Serbie

Dans ce scénario, la présidente sortante, Vjosa Osmani, doit dissoudre l'assemblée et convoquer des élections anticipées. Cependant, il reste incertain si cette convocation interviendra dès le vendredi 6 mars ou si elle attendra la fin officielle de la session parlementaire, celle-ci n'ayant été que suspendue et non définitivement levée.

L'an dernier, des élections générales avaient déjà privé Albin Kurti de la majorité nécessaire pour former un gouvernement, entraînant plusieurs mois de blocage parlementaire. Les députés avaient finalement imposé la tenue de nouvelles élections anticipées en décembre, que le parti de M. Kurti a remporté avec plus de 51 % des voix, obtenant 57 sièges. Le mois dernier, Albin Kurti, âgé de 50 ans, semblait prêt à entamer un troisième mandat après avoir été élu avec le soutien de certains partis représentant les minorités ethniques. Il devra désormais affronter à nouveau les urnes dans un contexte de fatigue électorale croissante.

Cette nécessité de nouvelles élections retardera encore les négociations avec la Serbie, qui n'a jamais reconnu l'indépendance du Kosovo, notamment en raison de la situation tendue dans le nord du pays à majorité serbe. La normalisation des relations entre Belgrade et Pristina reste pourtant essentielle pour les ambitions déclarées des deux pays d'adhérer à l'Union européenne, ajoutant une dimension internationale à cette crise politique interne.

Le blocage persistant au Kosovo risque donc de prolonger les incertitudes, tant sur le plan domestique que dans les relations régionales, avec des conséquences potentielles sur la stabilité et le développement économique de la région.

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