Libération de Cécile Kohler et Jacques Paris après quatre ans de captivité en Iran
Kohler et Paris libérés après 4 ans en Iran, attendus en France

Quatre années de captivité prennent fin : les enseignants français en route vers la France

Après près de quatre années de détention en Iran, les enseignants français Cécile Kohler et Jacques Paris sont enfin en chemin vers leur pays. Leur libération, annoncée par le président Emmanuel Macron, marque la fin d'un calvaire qui a débuté en mai 2022 lors d'un voyage touristique. Ils sont attendus ce mercredi matin à Paris, où leurs proches et probablement le chef de l'État les accueilleront.

Un départ de Téhéran sous convoi diplomatique

Les deux ressortissants ont quitté Téhéran mardi 7 avril 2026 à l'aube, sous protection diplomatique. Après une escale à Bakou, en Azerbaïdjan, ils doivent atterrir en France ce mercredi. Anne-Laure Paris, fille de Jacques Paris, a exprimé son émotion à l'AFP : « Nous sommes très émus. Nous attendons leur retour en France pour les serrer dans nos bras ». Leur avocat, Thierry Moser, s'est dit « fou de joie ».

Une arrestation et une condamnation controversées

Leur périple a commencé le 7 mai 2022, lors du dernier jour de leur séjour en Iran. Arrêtés et emprisonnés, notamment dans la tristement célèbre prison d'Evine, ils ont été condamnés en octobre 2025 à respectivement 20 et 17 ans de prison pour espionnage. Libérés le 4 novembre, ils ont été assignés à résidence à l'ambassade de France à Téhéran pendant cinq mois, dans une liberté très relative.

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Le contexte de guerre et la médiation omanaise, éléments clés

Selon l'Élysée, cette libération est le fruit d'un « effort de très longue haleine ». Emmanuel Macron a été le premier chef d'État occidental à s'entretenir avec le président iranien Massoud Pezeshkian après le début du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines. « À chaque appel, il a réitéré de manière extrêmement claire nos attentes », précise la présidence.

L'entourage du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot souligne que la situation actuelle a été déterminante. Les autorités iraniennes auraient intégré dans leurs calculs la menace d'anéantissement total proférée par Donald Trump, rendant l'environnement particulièrement explosif. « S'il était arrivé quelque chose de dramatique à nos compatriotes, la réaction aurait été vive », a ajouté cette source. Macron a également remercié les autorités omanaises pour leur médiation.

La question d'un échange de prisonniers en arrière-plan

Téhéran avait évoqué ces derniers mois un échange potentiel avec Mahdieh Esfandiari, une Iranienne arrêtée en France en février 2025 et condamnée pour apologie du terrorisme. Quelques heures après l'annonce du départ des Français, son assignation à résidence a été levée. Interrogé sur d'éventuelles contreparties, Jean-Noël Barrot a reconnu des « discussions sensibles, par nature confidentielles », mais a assuré que la France n'a pas mêlé le sort des otages à ses choix de politique étrangère.

Cette pratique iranienne est bien connue : Téhéran utilise souvent les arrestations de ressortissants occidentaux, accusés d'espionnage, comme monnaie d'échange pour obtenir la libération de ses citoyens emprisonnés à l'étranger. Au plus fort de la crise, l'Iran détenait jusqu'à sept Français simultanément. Désormais, il n'y en a plus aucun.

Le retour de Cécile Kohler et Jacques Paris clôt un chapitre douloureux, mais souligne les complexités diplomatiques dans un contexte de tensions régionales exacerbées. Leur arrivée en France sera un moment de soulagement collectif, après des années d'incertitude et de lutte pour leur libération.

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