Une journaliste libanaise tuée par une frappe israélienne au Liban, malgré la trêve
Amal Khalil, une journaliste libanaise qui couvrait le conflit dans la ville d'al-Tiri, située dans le sud du Liban, a été tuée mercredi par une frappe israélienne. Sa collègue, Zeinab Faraj, a été blessée lors de cet incident, comme l'a rapporté la Défense civile libanaise. Selon le quotidien al-Akhbar, cité par L'Orient le jour, la journaliste a été ensevelie sous les décombres d'une maison où elle venait de se réfugier après une première frappe. Le ministère libanais de la Santé affirme même que l'armée israélienne a « poursuivi » les deux journalistes, visant leur abri après la première frappe.
Les réactions officielles et le contexte de la trêve
Avant l'annonce du décès de la reporter, l'agence de presse libanaise officielle, Ani, avait fait état de quatre personnes tuées par des frappes israéliennes dans l'est et le sud du pays. L'armée israélienne a de son côté affirmé avoir frappé dans le secteur d'al-Tiri un véhicule quittant une « structure militaire » du Hezbollah, « après avoir identifié des individus violant les arrangements de cessez-le-feu », puis avoir frappé la « structure ». Sur X, le ministre libanais de l'Information, Paul Morcos, a exprimé sa « profonde tristesse » pour la mort de la journaliste « prise pour cible par l'armée israélienne alors qu'elle accomplissait son devoir professionnel ». Il a ajouté : « Le ciblage des journalistes est un crime grave et une violation flagrante du droit international humanitaire, face auxquels nous ne resterons pas silencieux ».
La mort d'Amal Khalil intervient malgré une trêve de dix jours entrée en vigueur le 17 avril dernier et qui doit expirer dimanche. Beyrouth va en demander la prolongation pour un mois lors de pourparlers prévus ce jeudi entre les deux pays à Washington. Une source officielle a indiqué à l'AFP que « le Liban demandera une prolongation d'un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l'arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent ». Le président Joseph Aoun a confirmé que « des contacts sont en cours pour prolonger le cessez-le-feu », ajoutant que le but des futures négociations directes est notamment « l'arrêt total des agressions israéliennes et le retrait israélien du territoire libanais ».
Les positions des parties et le bilan du conflit
Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de « désaccords sérieux » avec le Liban, l'appelant à « travailler ensemble » contre le Hezbollah pro-iranien. Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a lancé : « Demain, les discussions directes entre Israël et le Liban reprendront à Washington. Je lance un appel au gouvernement du Liban : travaillons ensemble contre l'Etat terroriste que le Hezbollah a construit sur votre territoire ». Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant une attaque sur Israël, est opposé à ces discussions.
Les frappes israéliennes depuis cette date ont fait 2.454 morts et plus d'un million de déplacés dans le pays, selon le dernier bilan officiel. L'armée israélienne qui a pénétré en territoire libanais y a établi une « ligne jaune » de séparation dans le Sud, comme dans la bande de Gaza, disant vouloir protéger la population du nord d'Israël. Le Hezbollah a pour sa part revendiqué une attaque mardi sur cette zone en riposte à ses violations « flagrantes » du cessez-le-feu. Selon les termes de la trêve, Israël affirme se réserver le droit d'agir contre des « attaques planifiées, imminentes ou en cours » au Liban. La trêve avait été réclamée par Téhéran comme l'une des conditions à la reprise de pourparlers avec Washington, en vue d'aboutir à une paix durable entre l'Iran et les États-Unis.



