Israël étend sa zone de sécurité au Liban : un cinquième de la population déplacée
Israël étend sa zone de sécurité au Liban, 20% de déplacés

Israël intensifie ses opérations au Liban avec une expansion de la zone de sécurité

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche 29 mars avoir ordonné à l'armée israélienne d'étendre la zone de sécurité dans le sud du Liban. Cette décision intervient dans le cadre des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, avec pour objectif déclaré de neutraliser définitivement la menace pesant sur le nord d'Israël.

Une expansion territoriale aux contours flous

Dans une vidéo diffusée dimanche, Benjamin Netanyahu a précisé : "Au Liban, j'ai ordonné à l'instant d'étendre davantage la zone de sécurité existante afin de neutraliser définitivement la menace d'invasion et d'éloigner de la frontière les tirs de missiles antichars". Jusqu'à présent, cette zone s'étendait jusqu'au fleuve Litani, situé à environ trente kilomètres de la frontière israélienne. Le chef du gouvernement israélien n'a cependant pas précisé l'ampleur exacte de cette nouvelle expansion territoriale.

Des conséquences humanitaires dramatiques

Cette annonce fait craindre des répercussions humanitaires majeures au Liban, pays déjà profondément meurtri par le conflit régional. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a d'ores et déjà averti que les centaines de milliers de résidents du sud du Liban évacués vers le nord ne pourront pas retourner au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord d'Israël ne sera pas assurée.

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Les chiffres sont alarmants :

  • 1 238 morts depuis le début du conflit
  • 124 enfants parmi les victimes
  • Plus d'un million de déplacés, soit environ un cinquième de la population libanaise

Une avancée territoriale rapide et inquiétante

Le quotidien libanais L'Orient-Le Jour a décrit cette situation comme un "grignotage de plus en plus important du territoire libanais". Cette avancée militaire, réalisée en moins d'un mois, est considérée comme bien plus rapide que l'offensive terrestre de l'automne 2024, au cours de laquelle Tsahal avait déjà pris le contrôle de certains territoires.

Les actions militaires concrètes se multiplient :

  1. Cinq ponts détruits sur le Litani fin mars, ne laissant qu'un seul passage ouvert à Tyr
  2. Construction de fortifications par les troupes israéliennes
  3. Destruction de maisons dans des villages vidés de leurs habitants
  4. Pilonnages aériens continus dans le sud du Liban, la banlieue sud de Beyrouth et la Bekaa

Les échos d'une occupation passée

Pour de nombreux Libanais, cette annonce rappelle douloureusement l'occupation du sud du pays par Israël entre 1982 et 2000. À cette époque, l'État hébreu avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, avant de se retirer totalement sous la pression du Hezbollah.

La référence au fleuve Litani comme "nouvelle frontière" par le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich a provoqué une vive réaction de la France. Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a condamné avec la plus grande fermeté ces propos, les qualifiant d'atteinte majeure à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du Liban.

La position internationale se durcit

La France a exprimé son opposition ferme à ce plan d'expansion. Jean-Noël Barrot a exhorté Tel-Aviv à "s'abstenir" de mener des opérations pour s'emparer de cette zone du sud du Liban, redoutant des conséquences humanitaires majeures et une aggravation de la situation déjà dramatique du pays.

Cette escalade militaire intervient dans un contexte régional déjà extrêmement tendu, où chaque avancée territoriale israélienne risque de provoquer de nouvelles tensions et d'aggraver la crise humanitaire qui frappe le Liban depuis le début du conflit.

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