Conflit régional : Israël poursuit ses frappes au Liban malgré les appels à la retenue
La situation au Moyen-Orient reste extrêmement tendue alors que les hostilités s'intensifient sur plusieurs fronts. Les forces israéliennes ont mené de nouvelles frappes aériennes contre des positions du Hezbollah au Liban, causant des pertes civiles supplémentaires et alimentant les craintes d'une escalade généralisée.
Bilan humain alarmant au Liban
Selon le ministère de la santé libanais, les bombardements israéliens visant le Hezbollah ont fait au moins 72 morts et 437 blessés depuis que le pays a été entraîné dans le conflit régional lundi. Les frappes se sont intensifiées mercredi, avec trois personnes tuées dans des attaques près de Beyrouth selon les autorités libanaises.
L'armée israélienne a émis de nouveaux ordres d'évacuation pour une banlieue de Beyrouth avant de frapper des cibles qu'elle affirme être liées au mouvement chiite pro-iranien. Dans un communiqué, l'armée israélienne a indiqué avoir « mené une nouvelle vague de frappes et démantelé des infrastructures » du Hezbollah « dans tout le Liban », ciblant notamment des sites de lancement de roquettes et de missiles au sud du fleuve Litani.
Intervention diplomatique française
Le président français Emmanuel Macron a effectué plusieurs appels diplomatiques mercredi pour tenter de contenir l'escalade. Il s'est entretenu avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et lui a demandé « de s'abstenir d'une offensive terrestre » au Liban. Le chef de l'État français a également contacté le président libanais Joseph Aoun et le premier ministre Nawaf Salam pour évoquer la situation dans le pays.
Parallèlement, Donald Trump a contacté Emmanuel Macron « pour l'informer de l'état des opérations militaires menées par les États-Unis en Iran ». Le président français a alerté son homologue américain sur la situation au Liban, à laquelle la France « demeure très attentive ».
Développements régionaux multiples
La crise régionale connaît plusieurs développements simultanés :
- Israël a annoncé avoir bombardé un important complexe militaro-sécuritaire à Téhéran, comprenant des bases des gardiens de la révolution, de la force d'élite Al-Qods et de la milice paramilitaire des bassidji.
- Un missile tiré d'Iran vers l'espace aérien turc a été détruit par les systèmes de défense de l'OTAN basés en Méditerranée orientale.
- L'Arabie saoudite a déclaré avoir intercepté trois missiles de croisière près de la ville d'Al-Kharj.
- Les corps de 87 marins iraniens ont été récupérés après le naufrage d'une corvette coulée par un sous-marin américain dans l'océan Indien, au large du Sri Lanka.
Conséquences économiques et sécuritaires
Le blocage du détroit d'Ormuz, dont l'Iran a revendiqué le « contrôle total », commence à avoir des répercussions économiques significatives. Le prix du baril de West Texas Intermediate a bondi d'environ 2% à l'ouverture des échanges jeudi en Asie, sur fond d'inquiétudes persistantes liées au conflit.
En France, le ministre de l'intérieur Laurent Nuñez a appelé les forces de l'ordre à « la plus grande vigilance » autour des « oppositions iraniennes » ainsi que des « intérêts états-uniens et israéliens ». Il a demandé une attention renforcée aux offices et rassemblements israélites, ainsi qu'aux différentes oppositions iraniennes sur le territoire national.
Positions internationales divergentes
Les réactions internationales révèlent des divisions significatives :
- La Maison Blanche affirme que le pouvoir iranien se fait « complètement écraser » et que l'Iran va « payer pour ses crimes ».
- Le ministre des affaires étrangères espagnol José Manuel Albares a « démenti catégoriquement » que l'Espagne allait « coopérer militairement » avec les États-Unis.
- Le gouvernement portugais a autorisé Washington à utiliser une base aérienne de l'archipel des Açores dans le cadre des opérations visant l'Iran.
- Le Sénat américain a rejeté une résolution visant à limiter les pouvoirs de Donald Trump dans la guerre contre l'Iran, avec 53 voix contre et 47 pour.
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a pour sa part affirmé que des membres des forces israéliennes étaient entrées « dans plusieurs villages et localités » frontalières du sud du pays, signalant une possible intensification des opérations terrestres malgré les appels à la retenue.



