Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a vivement réagi mardi aux propos du président français Emmanuel Macron lors de son discours à l'Assemblée générale de l'ONU, qualifiant ses déclarations sur la Cisjordanie et Gaza d'"absurdité grotesque". Dans un communiqué, il a affirmé que des "terroristes du Hamas mènent des attaques contre des Juifs presque tous les jours" et qu'ils ont "assassiné d'innombrables civils israéliens en Judée-Samarie", utilisant le nom biblique de la Cisjordanie.
Des critiques acerbes contre le président français
Emmanuel Macron avait déploré dans son discours à l'ONU la situation humanitaire à Gaza et critiqué les actions d'Israël en Cisjordanie, affirmant que le Hamas n'était pas actif sur ce territoire où siège l'Autorité palestinienne. Il avait lancé : "Quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ?" et déploré de voir à Gaza un "spectacle qui nous fait honte à tous", réaffirmant que bâtir une solution à deux États était la condition de la "sécurité d'aujourd'hui et de demain pour Israël et son peuple".
L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a emboîté le pas au bureau de Netanyahu, jugeant "difficile d'imaginer un discours plus déconnecté de la réalité que celui de Macron à l'ONU". Benjamin Netanyahu doit prononcer jeudi un discours devant l'instance internationale.
Un colon franco-israélien tué en Cisjordanie
Le bureau de M. Netanyahu a évoqué la mort par balles, dimanche, à la veille de Yom Kippour, le jour le plus sacré du judaïsme, d'un colon israélien en Cisjordanie, père de six enfants et qui avait également la nationalité française. L'armée israélienne a dit avoir arrêté le tireur palestinien dans un hôpital et indiqué que des soldats avaient ensuite mené un raid dans son village. Un ministre du gouvernement Netanyahu a réclamé son exécution en vertu d'une nouvelle loi.
Des colons israéliens extrémistes attaquent fréquemment les Palestiniens en Cisjordanie. Selon les Nations Unies, on y a recensé chaque jour environ six incidents violents liés aux colons visant des Palestiniens ou leurs biens jusqu'à la mi-2026.
Les autres messages du chef de l'État
Sur la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron a plaidé pour un "double moratoire" sur les frappes visant les infrastructures énergétiques en Russie comme en Ukraine. Concernant l'intelligence artificielle, il a appelé les États "attachés à leur indépendance" à développer leurs propres solutions afin de ne dépendre ni des États-Unis ni de la Chine. Le président français a enfin exhorté à "ne rien céder" face à "l'esprit de défaite" et à "l'abus de pouvoir", tout en appelant à redonner aux Nations unies leur "vitalité" pour freiner une "lente division du monde".



