Frappe sur une école en Iran : l'ONU exige une enquête transparente sur la possible responsabilité américaine
Iran : l'ONU exige une enquête sur la frappe d'une école

Une frappe meurtrière sur une école iranienne suscite l'inquiétude internationale

Les autorités iraniennes affirment qu'une frappe aérienne a touché une école primaire à Minab, en Iran, causant près de 175 morts, dont de nombreux enfants. Ce vendredi, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a exigé que l'enquête américaine sur ce bombardement soit « rapide » et « transparente ». À ce stade, ni les États-Unis ni Israël n'ont confirmé leur implication dans cet épisode, qui serait le plus meurtrier en termes de victimes civiles depuis le début des attaques contre l'Iran par ces deux pays.

Les preuves convergent vers une possible responsabilité américaine

Si Washington déclare que le Pentagone mène une enquête, le New York Times avance sérieusement l'hypothèse d'une responsabilité américaine. Dans une enquête publiée jeudi, le média américain indique que la tragédie pourrait résulter d'un bombardement américain visant une base navale des Gardiens de la révolution, située à proximité immédiate de l'école.

En s'appuyant sur des images satellites, des publications sur les réseaux sociaux et des vidéos vérifiées, le journal rapporte que l'école a été gravement endommagée par une frappe survenue simultanément à des attaques contre cette base navale adjacente. Les déclarations officielles selon lesquelles les forces américaines attaquaient des cibles navales près du détroit d'Ormuz, à proximité de la base iranienne, « suggèrent qu'elles étaient les plus susceptibles d'avoir mené la frappe », écrit le New York Times.

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L'enquête exclut un missile iranien et soulève des questions cruciales

L'enquête du New York Times écarte la possibilité d'un missile iranien ayant touché l'école. Le journal soulève une question fondamentale : « S'il se confirme qu'il s'agit d'une bombe américaine qui a touché l'école Shajarah Tayyebeh, une question sera probablement de savoir si la frappe scolaire était une erreur ou si elle a été ciblée sur la base d'informations obsolètes ».

De son côté, l'agence de presse Reuters, citant deux responsables américains anonymes, a indiqué jeudi que des enquêteurs militaires américains estimaient « probable » que les forces américaines soient « responsables » de la frappe ayant touché l'école, tout en précisant que les investigations n'étaient pas terminées.

La confirmation de victimes civiles et le lourd bilan des enfants

Une enquête du journal français Le Monde, publiée jeudi, a attesté la présence d'enfants et de victimes civiles dans le bombardement. « Des jeunes enfants ont bien été tués », écrit Le Monde, qui s'est appuyé sur des dizaines de photos et de vidéos pour étayer ses conclusions.

Le bilan total des morts n'a pas encore été confirmé de manière indépendante, mais les autorités et médias d'État iraniens affirment que la frappe a tué plus de 150 personnes, dont de nombreux enfants, à l'école primaire Shajarah Tayyebeh. L'Unicef a rapporté vendredi un bilan de 168 élèves tués, dont une majorité « d'écolières âgées de 7 à 12 ans ».

L'ONU exige des comptes et des réparations

À Genève, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a exprimé de « sérieuses préoccupations » quant au respect du droit international humanitaire. « S'agissant d'une école, il s'agit évidemment d'une institution civile qui ne devrait jamais être attaquée », a-t-il rappelé.

Volker Türk a également insisté sur la nécessité d'établir les responsabilités : « Nous attendons également que les responsables rendent des comptes, car il est évident que des erreurs ont été commises, et qu'il y aura des réparations et compensations ». Il a ajouté espérer se rendre à Washington « plus tard ce mois-ci » pour suivre de près l'avancée de l'enquête.

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L'AFP n'a pas pu accéder au site pour vérifier de manière indépendante le bilan ou les circonstances des faits, mais a établi que le bâtiment scolaire était proche de deux sites contrôlés par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), la puissante garde idéologique du régime iranien.