Guerre du Golfe : l'Iran épuise les défenses aériennes avec ses drones bon marché
Iran : les drones Shahed épuisent les défenses du Golfe

L'Irat intensifie ses attaques dans le Golfe avec une stratégie de drones économiques

En représailles aux frappes israéliennes et américaines ayant coûté la vie à l'ayatollah Khamenei et à de nombreux dignitaires, l'Iran mène depuis près de quatre jours une campagne de bombardements intensifs contre la région du Golfe. Les cibles incluent Israël, les intérêts militaires américains au Qatar et aux Émirats arabes unis, ainsi que leurs alliés régionaux.

Une défense aérienne sous pression extrême

Les Émirats arabes unis ont déclaré avoir été ciblés par 174 missiles balistiques, huit missiles de croisière et 689 drones en seulement trois jours. Le Bahreïn a quant à lui fait face à 70 missiles balistiques, tandis que le Qatar a été attaqué par 65 missiles et 12 drones samedi dernier.

Jusqu'à présent, les pays du Golfe ont réussi à intercepter la majorité des projectiles grâce à leurs systèmes de défense aérienne sophistiqués. Les Émirats affirment avoir abattu tous les missiles et plus de 93% des drones, et le Qatar a détruit 63 des 65 missiles lancés contre son territoire.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Cependant, cette résistance pourrait bientôt atteindre ses limites. "L'intensité d'utilisation des intercepteurs que nous avons observée ces derniers jours ne peut pas être maintenue plus d'une semaine supplémentaire — probablement quelques jours tout au plus", analyse Fabian Hoffman, expert en missiles à l'université d'Oslo, dans les colonnes du Wall Street Journal.

La stratégie financière des drones Shahed

L'Iran déploie une stratégie militaire astucieuse en privilégiant l'utilisation de drones Shahed, beaucoup moins coûteux que les missiles traditionnels. Alors qu'un missile balistique peut coûter entre un et deux millions de dollars, un drone kamikaze iranien ne vaut qu'entre 20 000 et 50 000 dollars selon le Middle East Eye.

Cette approche crée un déséquilibre financier significatif. Selon Kelly Grieco du Stimson Center, les attaques du week-end ont coûté aux défenses du Golfe entre 1,45 et 2,28 milliards de dollars, soit cinq à dix fois le montant dépensé par l'Iran pour les mener.

Le correspondant de The Economist, Gregg Carlstrom, a comparé cette situation à "utiliser des Ferrari pour intercepter des vélos électriques". En plus de leur faible coût, ces drones Shahed sont faciles à déployer et peuvent saturer les systèmes de défense antiaérienne, une tactique déjà éprouvée par la Russie en Ukraine.

Des stocks d'intercepteurs en voie d'épuisement

Les capacités défensives des pays du Golfe ne sont pas illimitées. Les estimations suggèrent que les Émirats arabes unis pourraient disposer d'environ 1 000 intercepteurs, le Koweït de 500, et le Bahreïn d'une centaine seulement.

"Les pays du Golfe expriment une vive inquiétude face à l'évolution de la crise et ont indiqué l'urgence de renforcer leurs capacités de défense, notamment la défense aérienne et anti-drone", a déclaré le ministre italien de la Défense Guido Crosetto, qui a déjà reçu des demandes d'assistance de la région.

L'Ukraine, victime collatérale potentielle

Cette crise au Moyen-Orient pourrait avoir des répercussions sur le conflit ukrainien. Le président Volodymyr Zelensky a averti que "si les activités militaires au Moyen-Orient sont prolongées, cela influencera sans aucun doute l'approvisionnement" en matériel de défense pour son pays.

Washington ayant pratiquement suspendu son aide militaire à l'Ukraine, celle-ci dépend désormais principalement de l'Europe pour son approvisionnement en systèmes de défense aérienne. Cette situation crée des tensions dans les priorités d'approvisionnement des alliés occidentaux.

Les États-Unis et Israël tentent désormais une course contre la montre pour détruire les lanceurs iraniens avant que les défenses aériennes du Golfe ne soient complètement épuisées, alors que les stocks américains ne sont pas non plus illimités.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale