Iran : comment le régime résiste-t-il au déluge de feu américano-israélien ?
Iran : la résistance du régime face aux frappes américano-israéliennes

Iran face au déluge de feu : une résistance organisée pour durer

Alors que l'opération « Fureur épique » et ses bombardements dévastateurs menés par les forces américano-israéliennes entrent dans leur quatrième jour, une question cruciale se pose : face à ce déluge de feu, et après la mort du guide suprême Ali Khamenei et de plusieurs hauts responsables, combien de temps ce qui reste du commandement iranien peut-il tenir ? La campagne de frappes aériennes, particulièrement intense et violente, avec près de 1 000 sorties par jour, atteint des niveaux comparables aux opérations en Irak de 1991 et 2003. Mais cette puissance de feu suffira-t-elle à éliminer l'ensemble du commandement des Gardiens de la révolution et à faire tomber le régime ?

La défense mosaïque : une architecture conçue pour résister

Selon le professeur Robert A. Pape, spécialiste des questions de défense à l'université de Chicago, la réponse est probablement négative. Il rappelle que l'autorité du corps des Gardiens de la révolution (pasdaran) « est répartie entre des cellules semi-autonomes, où la redondance remplace la hiérarchie », au sein d'une organisation appelée « défense mosaïque ». Dans les faits, une trentaine de commandants pasdaran, leurs troupes et des milices paramilitaires comme les bassidjis sont disséminés sur le territoire iranien avec des moyens de missiles et de drones. Ces cellules peuvent, en cas de rupture de la chaîne de commandement, agir en autonomie, tenir la population et poursuivre les bombardements.

Cette architecture a été pensée et mise en place ces dernières années face à une menace aérienne israélienne de plus en plus précise et meurtrière. Elle est conçue non pour l'offensive, mais pour durer le plus longtemps possible en position défensive. Face à une campagne de frappes aériennes forcément limitée dans le temps car extrêmement consommatrice en carburant et munitions high-tech, la colonne vertébrale du régime iranien est donc organisée pour jouer l'enlisement, en mode guérilla. Robert A. Pape souligne que dans une guerre longue, « l'avantage revient souvent à l'acteur structuré pour durer plutôt qu'à celui qui frappe le plus fort au départ ».

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Des stocks d'armes encore conséquents malgré les pertes

Cette résistance se fera cependant avec des moyens militaires chaque jour amoindris, alors qu'Américains et Israéliens visent particulièrement les pas de tir des missiles, les avions de chasse, les navires de guerre et les entrepôts d'armes. Malgré une aviation militaire et une marine de guerre au matériel obsolète, en grande partie détruites, le régime continue de saturer Israël et les pays du Golfe de tirs de drones et de missiles. Ceci intervient seulement quelques mois après une guerre des 12 jours au cours de laquelle sa capacité avait déjà été bien entamée, avec la moitié des stocks détruits selon les rapports de l'aviation israélienne.

D'après les spécialistes militaires, l'Iran posséderait encore :

  • Plus de 1 500 missiles balistiques de différentes portées
  • Des milliers de drones Shahed, de sinistre réputation en Ukraine
  • Des petites usines réparties dans le pays pouvant fabriquer jusqu'à cinquante drones par jour

Ces réserves permettraient au régime de riposter encore plusieurs semaines. Pendant ce temps, les stocks américains et israéliens d'armes antiaériennes, très coûteuses, se vident eux aussi à grande vitesse. Donald Trump a d'ailleurs exprimé ses craintes ce mardi que ses armées manquent « d'armes de pointe » dans les prochains jours, soulignant ainsi les limites logistiques de cette campagne de frappes intensives.

La multiplication des frappes contre les bases régionales

Parallèlement aux frappes contre Israël, les attaques se multiplient également contre les pays voisins qui accueillent des bases militaires américaines. Cette stratégie de dispersion des cibles complique encore la tâche des forces américano-israéliennes et démontre la capacité du régime iranien à mener des opérations sur plusieurs fronts simultanément. La question des stocks de drones et de missiles devient donc centrale dans cette guerre d'usure, où chaque camp doit gérer ses ressources tout en maintenant la pression sur l'adversaire.

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La situation actuelle révèle ainsi les limites d'une stratégie basée uniquement sur la supériorité aérienne face à un adversaire structuré pour la résistance prolongée. Alors que l'opération Fureur épique se poursuit, l'avenir du conflit dépendra largement de la capacité des deux camps à gérer leurs ressources militaires dans la durée, avec le régime iranien misant sur sa défense mosaïque et sa production d'armes pour contrer la puissance de feu de ses adversaires.