Conflit Iran-Israël : Trump évoque des pourparlers de paix malgré l'escalade militaire
Alors que les échanges de tirs et bombardements se poursuivent intensément entre l'Iran, Israël et leurs alliés respectifs, une lueur d'espoir émerge avec les annonces de l'ancien président américain Donald Trump concernant des pourparlers de paix. Cependant, l'incertitude demeure quant à l'ouverture effective de négociations, dans un contexte de violence régionale persistante.
Les déclarations de Trump et le plan de paix américain
Donald Trump a affirmé mardi soir que l'Iran et les États-Unis négociaient « en ce moment » pour tenter de mettre un terme au conflit. Il a précisé que son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président JD Vance et le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio participent activement à ce processus diplomatique.
Plusieurs médias internationaux, dont le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, rapportent que l'administration Trump aurait proposé un plan de paix en 15 points à l'Iran par l'intermédiaire du Pakistan, pays qui entretient de bonnes relations avec les deux parties belligérantes.
Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, ce plan américain comprendrait :
- Un cessez-le-feu d'un mois pour permettre aux autorités iraniennes d'étudier les demandes
- Cinq points concernant spécifiquement le programme nucléaire iranien
- L'abandon du soutien aux alliés régionaux de l'Iran comme le Hezbollah ou le Hamas
- La garantie que le détroit d'Ormuz reste ouvert à la navigation maritime
Les contours du plan et les réactions iraniennes
En contrepartie de ces concessions, l'Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales qui pèsent sur son économie et un soutien pour son programme nucléaire civil. L'Iran a d'ailleurs annoncé que les « navires non hostiles » pouvaient désormais bénéficier d'un passage sûr par le détroit d'Ormuz, selon l'Organisation maritime internationale.
Cette ouverture partielle est cruciale puisque près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures transite par ce détroit stratégique. Son blocage par Téhéran ces dernières semaines avait fait flamber les prix du pétrole sur les marchés internationaux.
Donald Trump a évoqué mardi « un très gros cadeau » lié aux hydrocarbures, sans donner plus de précisions, qui pourrait être lié à cette réouverture. En réaction à ces informations, les cours du pétrole ont retombé mercredi et les Bourses d'Asie sont revenues dans le vert.
Cependant, l'Iran n'a pas confirmé officiellement la tenue de négociations. Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a même démenti en bloc ces informations. La diplomatie iranienne a seulement reconnu en début de semaine avoir reçu, via des « pays amis », des messages transmettant une demande américaine de négociations.
L'escalade militaire continue malgré les annonces
Parallèlement à ces développements diplomatiques, la situation militaire sur le terrain reste extrêmement tendue. Les gardiens de la révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir lancé des attaques contre :
- Le nord et le centre d'Israël, dont la région de Tel-Aviv
- Deux bases militaires américaines au Koweït
- Une base en Jordanie
- Une base au Bahreïn
Selon les secours israéliens, 12 personnes ont été blessées mardi soir près de Tel-Aviv par un ou plusieurs missiles iraniens. Au Koweït, une attaque de drones a mis le feu à un réservoir de carburant à l'aéroport international de l'émirat, sans faire de victime selon les autorités locales.
Les opérations israéliennes au Liban et en Iran
De son côté, l'armée israélienne a annoncé avoir « lancé une série de frappes » visant les infrastructures du régime iranien à Téhéran. Une résidente de la capitale iranienne a confié : « Les bruits, les explosions et les missiles font désormais partie de notre vie quotidienne ».
Israël poursuit également son offensive au Liban, où au moins neuf personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids dans le sud du pays. Cette région est considérée par Israël comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah.
L'armée israélienne a en outre ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires. Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, les frappes israéliennes y ont tué plus de mille personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités libanaises.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que les forces israéliennes « manœuvraient à l'intérieur du territoire libanais » pour s'emparer d'une ligne de défense avancée jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.
La presse américaine évoque par ailleurs l'envoi de 3 000 soldats parachutistes en renfort au Moyen-Orient, signe que la guerre ne donne aucun signe d'accalmie malgré les annonces diplomatiques.



