Conflit Iran-Israël : Téhéran refuse toute négociation, les frappes s'étendent au Liban
Au troisième jour de l'opération militaire américano-israélienne contre l'Iran, la situation régionale se dégrade considérablement. Ce lundi 2 mars 2026, Israël a intensifié ses bombardements sur Téhéran tout en lançant des raids meurtriers au Liban, en réponse aux attaques du mouvement islamiste pro-iranien Hezbollah. Le bilan officiel fait état de 31 morts et 149 blessés dans les frappes israéliennes sur le territoire libanais.
Extension du conflit au Liban
Le Hezbollah avait promis de "faire face à l'agression" après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei. Le mouvement armé a mis ses menaces à exécution en tirant pour la première fois des missiles et des drones vers Israël dans ce conflit. L'armée israélienne a immédiatement répliqué en frappant des cibles du Hezbollah "à travers le Liban" et en ordonnant l'évacuation d'une cinquantaine de villages.
Des journalistes sur place ont rapporté de puissantes explosions à Beyrouth et de nombreux habitants fuyant les zones visées dans le sud du pays. Le général Eyal Zamir, chef de l'armée israélienne, a déclaré avoir lancé "une campagne offensive contre le Hezbollah" et prévenu qu'il fallait se préparer à "plusieurs jours de combats".
Refus catégorique de négociations
Dans un développement diplomatique significatif, Téhéran a fermement rejeté toute possibilité de dialogue avec les États-Unis. Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a accusé Donald Trump d'avoir précipité le Moyen-Orient dans le "chaos" avec ses "rêves illusoires".
Les médias iraniens ont confirmé la mort de plusieurs hauts responsables du pays, dont le chef des Gardiens de la Révolution, le chef de l'état-major des forces armées et le ministre de la Défense. Donald Trump a affirmé que les frappes américano-israéliennes avaient tué 48 "leaders" iraniens, sans fournir de détails supplémentaires.
Implications régionales et internationales
Le conflit s'étend bien au-delà des frontières iraniennes et israéliennes. Un drone iranien Shahed s'est écrasé sur la base aérienne britannique d'Akrotiri à Chypre, pays membre de l'Union européenne, causant des dégâts matériels légers. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réaffirmé le soutien collectif de l'UE face à cette menace.
D'autres développements régionaux incluent :
- Une personne tuée à Bahreïn dans une attaque iranienne
- De fortes explosions entendues au Qatar et aux Émirats arabes unis
- De nouvelles frappes sur la base militaire de Jurf al-Nasr en Irak, bastion du groupe pro-iranien Kataeb Hezbollah
- Des manifestations pro-iraniennes au Pakistan ayant fait 17 morts
Conséquences économiques et humanitaires
Les marchés énergétiques réagissent violemment à l'escalade du conflit. Les prix du pétrole ont dépassé brièvement 80 dollars le baril, tandis que le gaz européen a grimpé de plus de 22%. La navigation dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de la consommation mondiale de pétrole, est pratiquement paralysée.
Sur le plan humanitaire, les frappes israéliennes et américaines ont fait au moins 27 morts dans le nord-ouest de l'Iran en deux jours, selon Majid Farshi, directeur général du département de gestion de crise de la province d'Azerbaïdjan oriental. En Israël, un missile iranien a frappé un abri à Bet Shemesh dimanche, faisant neuf morts, 11 disparus et 46 blessés.
Perspectives d'avenir
Donald Trump a estimé la durée des opérations américaines à "quatre à cinq semaines" dans une interview au New York Times. Il a également déclaré avoir "trois très bons choix" de candidats pour diriger l'Iran à l'avenir, tout en affirmant que l'attaque avait été "si réussie qu'elle a éliminé la plupart des candidats" potentiels.
Malgré la destruction du quartier général des Gardiens de la Révolution selon le Pentagone, le régime iranien reste en place. Des milliers de personnes ont rendu hommage à l'ayatollah Khamenei à Téhéran dimanche, tandis que les autorités continuent de rejeter toute possibilité de négociation avec Washington.



