Lors d'une conférence de presse à Paris, le député insoumis Sébastien Delogu a interpellé le gouvernement sur les risques d'ingérence étrangère dans la prochaine élection présidentielle française de 2027. Il a été lui-même ciblé pendant la campagne municipale à Marseille par des officines israéliennes.
Un précédent inquiétant
Si pendant la campagne pour la présidentielle « d'autres représentants de la population avaient à faire à ça, ce serait la première fois qu'une élection présidentielle serait mise en péril par des ingérences étrangères », a analysé le responsable politique. Il en appelle donc « au président de la République et à son gouvernement » pour « prendre toutes les dispositions possibles et mettre les moyens sur la table pour ne pas avoir à faire justement à ce type de faits ».
Des candidats LFI ciblés
La campagne d'ingérence ayant visé des candidats LFI lors des municipales de mars a été opérée depuis Israël, a indiqué récemment une source informée du dossier à l'AFP. Les quotidiens français Libération et israélien Haaretz évoquent le rôle de deux entreprises basées dans ce pays. Trois candidats LFI ont été visés : Sébastien Delogu, François Piquemal et David Guiraud, respectivement candidats à Marseille, Toulouse et Roubaix, selon le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui sera candidat à la présidentielle.
Des questions sur l'attitude du gouvernement
Sébastien Delogu s'est interrogé : « Que font le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et le Premier ministre Sébastien Lecornu ? Craignent-ils ces individus, sont-ils incapables d'agir ou sont-ils complices ? ». Il fait référence au Canard Enchaîné qui a révélé que « le rapport public qui détaille l'ingérence d'une boîte israélienne contre les candidats Insoumis aux municipales a été caviardé et remisé dans un tiroir ».
François Piquemal demande la publication du rapport
François Piquemal, qui a déposé un recours en annulation des élections municipales devant le tribunal administratif de Toulouse, entend interpeller Jean-Noël Barrot ce mercredi après-midi lors de la séance des questions au gouvernement. « Sur cette question de la souveraineté démocratique, est-ce qu'il faudrait poser par exemple un projet de loi ? Nous allons aussi demander de rendre public le rapport », a-t-il détaillé. « Et il y a une autre question : quelles sanctions vous allez prendre contre Israël, contre les proches de M. Netanyahou ? », le Premier ministre israélien, a-t-il poursuivi.
Jean-Luc Mélenchon dénonce une omerta
Sur X, Jean-Luc Mélenchon s'est indigné : « Au sommet de l'État, les lâches s'activent en coulisses pour édulcorer la vérité. Ils avouent leur peur : celle (que ce rapport nous serve) de tremplin. Quelle honte ! Pourquoi cette omerta ? Qui protègent-ils ? ».



