Guerre contre l'Iran : Tous se déclarent vainqueurs malgré le chaos régional
Guerre Iran : Tous se proclament vainqueurs dans le chaos

Une guerre aux multiples déclarations de victoire

Alors que le conflit déclenché contre l'Iran par l'ancien président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou n'est pas encore terminé, les communiqués triomphants se multiplient déjà de toutes parts. Chaque camp revendique ses succès sur le terrain géopolitique, créant une étrange cacophonie de victoires annoncées.

Les revendications américaines et israéliennes

Le président des États-Unis, Donald Trump, considère comme un changement de régime réussi l'arrivée au pouvoir à Téhéran de dirigeants plus radicaux que leurs prédécesseurs assassinés. Il met en avant un affaiblissement sans précédent du régime iranien, un affaiblissement bien réel mais qui reste insuffisant selon de nombreux observateurs.

De son côté, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou vante la capacité nouvelle de son armée à intervenir en Iran quand bon lui semble. Il utilise la métaphore de « tondre la pelouse » pour décrire sa stratégie, c'est-à-dire éliminer tout ce qu'il considère comme une menace immédiate. Une image qui souligne aussi que, comme une pelouse qui repousse toujours, les menaces peuvent réapparaître.

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La résistance iranienne et le désastre du Golfe

Face à ces déclarations, le régime iranien se glorifie parmi les ruines de sa capacité à résister à des ennemis infiniment supérieurs en puissance militaire. Téhéran présente sa survie comme une victoire en soi, une démonstration de la résilience de la République islamique.

Pendant ce temps, la rive arabe du Golfe contemple le désastre. Une page a été définitivement tournée le 28 février pour les pétromonarchies qui portent le deuil d'un ordre régional révolu. Cet ordre reposait sur deux piliers essentiels :

  • La protection militaire des États-Unis
  • Le maintien de relations minimales, bien qu'empreintes de défiance, avec l'Iran

Ces relations étaient dictées par la géographie immuable - on ne choisit pas ses voisins - et par la réalité tectonique : la plaque arabique se rapproche irrépressiblement de la plaque eurasiatique, un mouvement que personne ne peut arrêter.

L'effondrement du système de protection américain

La protection américaine était matérialisée par un chapelet de bases militaires créées ou renforcées après la première guerre du Golfe. Ce conflit avait opposé à l'Irak, après son invasion du Koweït en 1990, une large coalition internationale mise sur pied par Washington.

Deux symboles majeurs de cette présence américaine :

  1. La Ve flotte américaine, recréée en 1995, qui s'était établie à Manama, à Bahreïn
  2. La base d'Al-Udeid sortie des sables du Qatar au même moment

Aujourd'hui, ce système de protection apparaît remis en question, laissant les monarchies du Golfe face à une nouvelle réalité stratégique incertaine et dangereuse.

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