Guerre en Iran : une escalade régionale qui fait flamber les prix du pétrole
Les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l'Iran le samedi 28 février 2026, déclenchant une riposte immédiate de Téhéran et une extension du conflit à l'ensemble de la région du Moyen-Orient. Cette situation géopolitique explosive a des répercussions directes sur les marchés mondiaux de l'énergie, avec une hausse spectaculaire des prix du pétrole observée dès l'ouverture des bourses le lundi 2 mars 2026.
Une hausse de 13% du prix du baril à l'ouverture des marchés
Les prix du pétrole ont bondi de 13% à l'ouverture, reflétant les craintes des investisseurs face aux perturbations potentielles de l'offre de brut. Vers 23h15 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'envolait de 9,90% à 80,16 dollars, après avoir atteint un pic initial de 13%. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) progressait quant à lui de 8,25% à 72,55 dollars. Cette envolée marque un bond significatif pour le Brent, la référence internationale, qui avait déjà intégré une prime de risque géopolitique pour se négocier au-dessus de 72 dollars en fin de semaine précédente, loin des 61 dollars enregistrés au début de l'année.
Le détroit d'Ormuz, point névralgique compromis
Avec l'embrasement du conflit, le transport maritime via le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de la consommation mondiale de pétrole, est sérieusement compromis. Giovanni Staunovo, analyste chez UBS, souligne : "Le facteur le plus pertinent pour le marché pétrolier est la quantité de pétrole produite dans la région et la situation du détroit d'Ormuz, par lequel transitent quotidiennement environ 21 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers." Bien que le détroit ne soit pas totalement fermé, avec quelques navires chinois et iraniens ayant pu passer selon Kpler, le trafic y est devenu quasi-impossible après l'attaque de deux navires dimanche au large des Émirats arabes unis et d'Oman.
Le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, a appelé les compagnies maritimes à éviter la région, tandis que le prix des assurances devient prohibitif. Les principales compagnies maritimes ont confirmé suspendre le passage de leur flotte dans cette zone stratégique.
Des alternatives limitées et des risques persistants
Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, note : "Des infrastructures alternatives au Moyen-Orient peuvent être utilisées pour contourner les flux transitant par le détroit, mais l'impact net demeure une perte effective de 8 à 10 millions de barils d'offre de pétrole brut." En réponse à la crise, l'Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l'OPEP ont augmenté dimanche leurs quotas de production de 206 000 barils par jour pour avril, un volume supérieur aux anticipations.
Cependant, Charu Chanana, de Saxo Markets, observe : "Même sans arrêt total de la production, la hausse des primes liées au conflit, les modifications d'itinéraires et la réévaluation des assurances peuvent maintenir les coûts du pétrole brut et du fret à un niveau élevé." Elle ajoute que l'ensemble de la région du Golfe étant touché, la dissipation de cette prime de risque géopolitique pourrait prendre du temps, compte tenu du rôle central de la région dans l'approvisionnement énergétique mondial.
Des cours à plus de 100 dollars non exclus
Théoriquement, les pays importateurs disposent de réserves, avec les membres de l'OCDE devant maintenir 90 jours de stocks de pétrole, mais des cours dépassant les 100 dollars ne sont pas exclus. Michelle Brouhard, analyste chez Kpler, confirme : "Le talon d'Achille du président américain Donald Trump, ce sont les prix élevés du pétrole." L'Iran pourrait également utiliser les marchés de l'énergie pour exercer une pression économique dans ce contexte de tensions accrues.
Cette situation soulève des inquiétudes quant à une possible flambée des prix de l'essence pour les consommateurs, alors que le conflit continue de s'intensifier et que les incertitudes sur l'approvisionnement persistent.



