"J'ai très peur que la guerre reprenne" : plus de 100 morts dans des frappes israéliennes sur Gaza
La bande de Gaza a été le théâtre de violents bombardements israéliens mercredi 29 octobre, causant la mort d'au moins 104 Palestiniens selon la Défense civile locale. Parmi les victimes, on dénombre 46 enfants, et environ 200 autres personnes ont été blessées, dont 78 mineurs. Ces frappes interviennent en pleine trêve négociée par l'ancien président américain Donald Trump entre Israël et le Hamas.
Une situation "catastrophique et terrifiante"
Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile à Gaza, a qualifié la situation de "catastrophique et terrifiante" lors d'une déclaration à l'AFP. Il a dénoncé une "violation claire et flagrante de l'accord de cessez-le-feu" par les forces israéliennes. Le ministère de la Santé palestinien a confirmé ce bilan dramatique, soulignant l'ampleur des pertes civiles.
La position israélienne et la réaction américaine
L'armée israélienne justifie ces frappes comme une riposte à la mort d'un de ses soldats, Yona Efraim Feldbaum, âgé de 37 ans, tué mardi dans la bande de Gaza. De son côté, Donald Trump, interrogé à bord d'Air Force One, a assuré que ces frappes ne compromettaient pas le cessez-le-feu. "Ils ont tué un soldat israélien. Donc les Israéliens ripostent. Et ils devraient riposter", a déclaré l'ancien président, affirmant que "rien" ne mettrait en péril l'accord selon lui.
Le vice-président américain JD Vance avait précédemment affirmé que "la paix du président Trump va tenir" à Gaza, exprimant ainsi la confiance de l'administration américaine dans la durabilité de la trêve.
Le Hamas nie toute attaque et réaffirme son engagement
Le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, a vivement réagi à ces frappes. Dans un communiqué officiel, l'organisation a démenti avoir mené des attaques contre les troupes israéliennes et a "réaffirmé son engagement envers l'accord de cessez-le-feu". Cette déclaration contraste avec les accusations israéliennes et souligne les tensions persistantes entre les deux parties.
Avant ces nouvelles frappes, le ministère de la Santé du Hamas faisait état d'au moins 94 Palestiniens tués dans des bombardements israéliens depuis le 10 octobre, rappelant le contexte déjà très tendu de la région.
La question des otages et les accusations mutuelles
Le Hamas avait précédemment accusé Israël de "violations" de l'accord, annonçant le report de la remise d'une nouvelle dépouille d'otage initialement prévue mardi soir. Selon les termes de la première phase du cessez-le-feu, le Hamas devait libérer tous les otages vivants et rendre les corps des captifs. Si l'organisation a bien libéré les 20 otages vivants, elle n'a restitué que 15 des 28 corps prévus.
Le mouvement justifie ces retards par la difficulté à localiser les dépouilles dans un territoire ravagé par les conflits. Mardi, la branche armée du Hamas a annoncé avoir retrouvé deux corps d'otages via un communiqué sur Telegram, sans préciser de date pour leur restitution.
Le gouvernement israélien a quant à lui accusé le Hamas d'avoir mis en scène la découverte supposée d'un corps d'otage, diffusant des images pour étayer ses accusations. L'AFP n'a pas pu authentifier la date ni le lieu de tournage de ces images.
Les réactions des associations et la peur des habitants
Le Forum des familles, principale association israélienne militant pour le retour des otages, a appelé le gouvernement de Benjamin Netanyahu à "agir de manière décisive" contre le Hamas pour ses "violations" de l'accord. Cette pression s'ajoute aux tensions déjà vives entre les différentes parties prenantes.
Dans la bande de Gaza, assiégée par Israël et en proie à un désastre humanitaire, la peur d'un retour de la guerre hante les habitants. Épuisés et luttant sans cesse pour s'approvisionner en eau et en nourriture, les Gazaouis redoutent une escalade des violences.
"La question des otages doit être réglée afin qu'Israël ne s'en serve pas comme une excuse pour reprendre la guerre", a déclaré Abdelhay al-Hajj Ahmed, un habitant de 60 ans de Jabalia, dans le nord de Gaza. "J'ai très peur que la guerre reprenne."
Contexte historique et perspectives
Ces événements s'inscrivent dans un conflit israélo-palestinien de longue date, marqué par des cycles de violence et des tentatives de paix souvent fragiles. L'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 contre Israël avait déclenché une offensive dévastatrice dans le territoire palestinien, et les corps d'otages retenus à Gaza depuis cette date restent un point de friction majeur.
Alors que la communauté internationale suit de près l'évolution de la situation, les récentes frappes israéliennes et les accusations mutuelles entre Israël et le Hamas soulèvent des questions sur la viabilité du cessez-le-feu et sur les risques d'une reprise des hostilités à grande échelle.



