La présidente du Groupe d’action financière (Gafi) a appelé mardi à une coopération renforcée entre les nations pour combattre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Lors d’une réunion internationale en marge du G7 à Paris, Elisa de Anda Madrazo a souligné que les pays ne peuvent pas se permettre de ne pas collaborer, car les terroristes ne respectent aucune frontière. Le Gafi, basé à Paris, élabore des normes et coordonne les actions des États pour prévenir ces fléaux, en évaluant les systèmes nationaux et en recommandant des mesures de contrôle.
Contexte de tensions internationales
Ces déclarations interviennent alors que la coopération multilatérale est fragilisée par le durcissement des positions des grandes puissances, notamment les États-Unis de Donald Trump, la Russie et la Chine. Malgré cela, Mme de Anda Madrazo a insisté sur l’importance de l’échange d’informations, citant l’exemple de la France et des Jeux olympiques de 2024, où plusieurs attaques terroristes ont été déjouées grâce au renseignement financier. « Nous n’avons pas le luxe d’arrêter », a-t-elle affirmé.
Évolution des menaces et des outils
Lors de la 5e conférence « No money for terror », l’objectif est de s’adapter aux innovations, de partager les bonnes pratiques et d’ajuster les méthodes et outils. Les services de renseignement constatent un éclatement de la menace terroriste, notamment djihadiste, avec un affaiblissement d’al-Qaida et de l’État islamique au profit de franchises territoriales, et une montée de la menace intérieure émanant de personnes isolées. Les circuits de financement ont également évolué, passant d’une centralisation à une décentralisation accrue, avec l’émergence des actifs virtuels et de la numérisation. « La combinaison des mécanismes traditionnels et des nouvelles technologies constitue un défi », a conclu la présidente du Gafi.



