Crise énergétique à Cuba : suspension de l'avitaillement en kérosène pour un mois
Les autorités cubaines ont informé les compagnies aériennes desservant le pays que l'avitaillement en kérosène serait suspendu pour une période d'un mois à partir de lundi 9 février, minuit. Cette décision, communiquée via un Notam (message officiel des agences de contrôle de la navigation aérienne), intervient dans un contexte de crise énergétique aiguë qui frappe l'île.
Une pénurie généralisée dans les aéroports
Le message émis par les autorités cubaines précise que la pénurie de kérosène affecte tous les aéroports internationaux de Cuba. « CARBURANT JET A1 NON DISPONIBLE », indique le texte tel qu'il apparaît dans la base de données de l'administration fédérale de l'aviation américaine (FAA). Un responsable d'une compagnie aérienne européenne, sous couvert d'anonymat, a confirmé à l'AFP que l'aviation civile cubaine a notifié l'arrêt de l'avitaillement en JetFuel à partir du mardi 10 février à minuit (6 heures à Paris).
Adaptation forcée pour les compagnies aériennes
Cette mesure contraint les compagnies aériennes effectuant des vols long-courriers à prévoir une « escale technique » sur les vols retour pour assurer leur ravitaillement en kérosène. Les vols régionaux devraient, quant à eux, pouvoir poursuivre leurs liaisons normalement. Contactée, la compagnie Air France à La Havane a indiqué que sa liaison était maintenue, avec une escale technique prévue dans un autre pays des Caraïbes.
Contexte de crise énergétique et réactions internationales
Cuba est confrontée à une sévère crise énergétique, exacerbée par la fin de l'approvisionnement en pétrole par le Venezuela, sous pression américaine. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré lors d'un point presse : « La situation à Cuba est en effet critique. Les méthodes asphyxiantes des États-Unis causent beaucoup de difficultés pour le pays ». Il a ajouté que la Russie discute avec les autorités cubaines pour apporter son assistance.
Le gouvernement cubain a annoncé vendredi une série de mesures d'urgence pour faire face à cette crise, incluant :
- La semaine de quatre jours et le télétravail dans les administrations et entreprises d'État.
- Des restrictions sur les ventes de carburant.
- La réduction des services de bus et de trains entre provinces.
- La fermeture de certains établissements touristiques.
- Des journées de cours plus courtes et un fonctionnement semi-présentiel pour les universités.
Selon le vice-premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga, ces mesures visent à économiser du carburant pour favoriser « la production de nourriture et la production d'électricité » et permettre « la sauvegarde des activités fondamentales qui génèrent des devises ».
Tensions géopolitiques et accusations
Donald Trump a signé un décret précisant que les États-Unis pourraient frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à La Havane. Il a également assuré que le Mexique, fournisseur de pétrole à Cuba depuis 2023, cesserait ses livraisons. Washington justifie cette politique en invoquant une « menace exceptionnelle » que ferait peser Cuba sur la sécurité nationale américaine. La Havane accuse quant à elle Donald Trump de vouloir « asphyxier » l'économie de l'île, où les coupures d'électricité et les pénuries de carburant se sont accentuées.