Cuba en état d'alerte face à une possible invasion américaine
Dans un entretien accordé à la chaîne américaine NBC ce dimanche, le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio, a révélé que son pays se prépare activement à une éventuelle invasion militaire des États-Unis. « En regardant ce qu'il se passe dans le monde, nous serions naïfs de ne pas le faire », a-t-il déclaré, soulignant la vigilance de La Havane face aux tensions géopolitiques actuelles.
Une armée en état de préparation permanente
« Notre armée est toujours prête », a affirmé le diplomate cubain. « De fait, elle se prépare ces jours-ci à la possibilité d'une agression militaire. » Cette déclaration intervient dans un contexte de relations tendues entre les deux pays, malgré les efforts du gouvernement cubain pour ne pas les aggraver davantage. Carlos Fernandez de Cossio a toutefois exprimé son espoir qu'une telle confrontation n'ait pas lieu : « Nous ne voyons pas pourquoi ça arriverait, comment cela pourrait-il se justifier ? »
La volonté de dialogue malgré les menaces
Le vice-ministre a insisté sur la position pacifique de Cuba : « Cuba ne souhaite pas de conflit avec les États-Unis. Nous avons le besoin et le droit de nous protéger. Mais nous sommes prêts à nous asseoir pour discuter. » Cette ouverture au dialogue contraste avec les récentes déclarations du président américain Donald Trump, qui a évoqué lundi « l'honneur de prendre Cuba » et parlé de « libérer » le pays, sans fournir de précisions supplémentaires.
Un contexte historique chargé et des pressions économiques accrues
Les tensions entre Washington et La Havane remontent à la prise de pouvoir communiste en 1959. En janvier dernier, les États-Unis ont intensifié leur pression économique en bloquant tout approvisionnement de l'île en hydrocarbures, peu après avoir tenté de renverser le principal allié de Cuba, le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro. Cette mesure s'inscrit dans une longue histoire de confrontations, dont l'épisode emblématique de la Baie des Cochons en 1961, où une tentative américaine de renverser le régime de Fidel Castro avait échoué.
Une crise énergétique qui complique la situation
Les autorités cubaines ont dû faire face dimanche matin à une nouvelle panne d'électricité nationale survenue samedi soir, la septième en près d'un an et demi. Carlos Fernandez de Cossio, dont l'entretien avec NBC avait été enregistré avant cette coupure, a assuré que son gouvernement « agit de la manière la plus proactive possible pour faire face à la situation ». Il a également exprimé ses préoccupations concernant l'embargo sur les carburants : « Nous espérons vraiment que le carburant parviendra à Cuba d'une façon ou d'une autre et que ce boycott qu'imposent les États-Unis ne durera pas et ne pourra pas être maintenu indéfiniment. »
Cette combinaison de préparatifs militaires, de volonté diplomatique et de défis internes illustre la position délicate de Cuba sur l'échiquier international, alors que les relations avec son puissant voisin du Nord restent empreintes de méfiance et d'hostilité historique.



