Coupe du monde 2026 : l'ombre des violences du cartel plane sur Guadalajara
Un panneau affichant le compte à rebours avant le début de la Coupe du monde de football trône dans une rue de Guadalajara, au Mexique, le 25 février 2026. Cette image symbolique contraste avec les préoccupations palpables sur le chantier du futur « métro bus » de la ville, une ligne de transport cruciale reliant l'aéroport au centre, dont l'inauguration est prévue avant le coup d'envoi du Mondial, fixé au 11 juin 2026.
Les ouvriers partagent leurs craintes lors de la pause déjeuner
Au milieu de sa pause déjeuner, Jorge Herreira, 52 ans, exprime son exaspération : « Il ne manquerait plus qu'ils nous annulent la Coupe du monde maintenant. » Comme ses collègues, il discute des violences qui ont secoué Guadalajara après la mort de Nemesio Oseguera, alias El Mencho, leader du cartel Jalisco Nouvelle Génération, survenue le dimanche précédent. Les voitures et commerces incendiés dans l'État de Jalisco, destination prisée des touristes canadiens et américains, ont fait la une de la presse internationale, ternissant l'image de cette deuxième ville du Mexique, centre d'opérations du groupe de narcotrafiquants.
Un jeune maçon partage son inquiétude : « Si nous-mêmes avons peur, imaginez les touristes ! Personne ne va venir. » Ces travailleurs, directement impliqués dans les préparatifs de l'événement sportif, redoutent l'impact des violences persistantes sur l'affluence et la sécurité durant la compétition.
Les assurances de la présidente Claudia Sheinbaum face aux doutes
Le matin même, les ouviers ont entendu la présidente Claudia Sheinbaum s'exprimer lors de sa conférence de presse quotidienne. Interrogée sur les conséquences de ces violences pour l'accueil de la Coupe du monde, la cheffe d'État a fermement estimé qu'« il n'y a aucun problème de sécurité » et que « la Coupe du monde va se dérouler comme prévu ». Elle a cherché à rassurer la population et les investisseurs, insistant sur la normalité des opérations malgré les récents incidents.
Néanmoins, sur le terrain, le scepticisme demeure. Jorge Herreira déplore : « Notre présidente veut nous rassurer mais c'est un peu difficile d'y croire. On s'attend tous ici à de nouvelles violences du cartel qui ne vont pas passer inaperçues. Après tous ces travaux, quel gâchis. » Cette divergence de perspectives souligne les tensions entre les déclarations officielles et la réalité vécue par les habitants et travailleurs de Guadalajara.
Les préparatifs de la Coupe du monde 2026 se poursuivent donc dans un climat d'incertitude, où les espoirs économiques et sportifs se heurtent aux défis sécuritaires posés par le cartel Jalisco Nouvelle Génération. L'avenir de l'événement dans cette région dépendra largement de la capacité des autorités à contenir les violences et à restaurer la confiance, tant locale qu'internationale.



