Conflit Iran-Israël-USA : Une escalade militaire inquiétante
La situation au Moyen-Orient continue de se dégrader rapidement alors que le conflit entre l'Iran d'un côté, et les États-Unis et Israël de l'autre, entre dans son huitième jour. Les frappes croisées s'intensifient, touchant plusieurs pays de la région et provoquant des perturbations majeures, notamment dans le transport aérien et sur les marchés pétroliers.
Perturbations aériennes à Dubaï
L'aéroport international de Dubaï (DXB), le plus fréquenté au monde pour le trafic international, a connu une journée chaotique. Samedi matin, les autorités ont d'abord annoncé la suspension temporaire de toutes les opérations pour des raisons de sécurité, suite à une opération d'interception au-dessus de l'aéroport. Un témoin a fait état d'une forte explosion résultant de cette interception.
Plus tard dans la journée, l'aéroport a indiqué avoir « partiellement repris » ses activités avec certains vols opérés depuis DXB et Dubaï World Central - Aéroport international Al Maktoum (DWC). Cependant, les autorités ont instamment prié les passagers de ne pas se rendre à l'aéroport sans confirmation préalable de leur compagnie aérienne, les horaires pouvant encore être modifiés.
Emirates, la plus grande compagnie aérienne du Moyen-Orient, a pour sa part annoncé la suspension de l'ensemble de ses vols au départ et à destination de Dubaï jusqu'à nouvel ordre.
Frappes militaires croisées
Les échanges de frappes se sont intensifiés dans la nuit de vendredi à samedi. L'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes « de grande ampleur » contre des objectifs situés à Téhéran et Ispahan, une semaine jour pour jour après le lancement de l'opération israélo-américaine contre l'Iran.
Parallèlement, l'armée israélienne a repéré des missiles tirés depuis l'Iran en direction d'Israël. De fortes détonations ont retenti à Tel-Aviv, vraisemblablement provoquées par l'interception des projectiles par les systèmes de défense aérienne.
Au Liban, le bilan des frappes israéliennes de vendredi soir dans la région de Baalbek, dans l'est du pays, est passé à 16 morts et 35 blessés selon le ministère libanais de la Santé.
Réactions internationales et implications économiques
Le président russe Vladimir Poutine a plaidé vendredi pour un cessez-le-feu « immédiat » en Iran lors d'un échange téléphonique avec son homologue iranien Masoud Pezeshkian. Moscou a réaffirmé sa position en faveur d'un arrêt rapide des combats et d'un retour à une solution politique et diplomatique.
A Washington, Donald Trump a exigé une « capitulation » de l'Iran et indiqué qu'il entendait s'impliquer dans le choix des futurs dirigeants du pays et dans sa reconstruction. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a pour sa part indiqué que les forces américaines avaient mené des frappes contre plus de 3 000 objectifs depuis le début du conflit.
Les prix du pétrole ont fortement progressé cette semaine, avec une hausse proche de 30 %, retrouvant des niveaux inédits depuis 2023. Vendredi, le baril de Brent a clôturé à 92,69 dollars, en hausse de plus de 8 % sur la journée et de près de 28 % sur la semaine.
Déclarations iraniennes et réactions régionales
Le président iranien Masoud Pezeshkian s'est excusé samedi auprès des pays voisins pour les frappes iraniennes les ayant visés depuis le début du conflit. Il a affirmé que l'Iran ne visait ses voisins que quand il avait d'abord été attaqué depuis ces mêmes pays, et a annoncé que le conseil de direction provisoire avait décidé qu'il n'y aurait plus d'attaques sur les pays voisins, sauf si une attaque sur l'Iran provenait de ces pays.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont pour leur part affirmé avoir visé des « groupes séparatistes » dans la région du Kurdistan irakien, ainsi qu'un pétrolier dans le Golfe nommé Prima, qui aurait ignoré des avertissements répétés concernant l'interdiction du trafic dans le détroit d'Ormuz.
L'Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole au monde, a mis en garde l'Iran contre « toute erreur d'appréciation » par l'intermédiaire de son ministre de la Défense Khaled ben Salmane. La Ligue arabe doit par ailleurs se réunir dimanche en urgence pour discuter des « attaques iraniennes contre les territoires de plusieurs pays arabes ».
La situation reste extrêmement tendue alors que les frappes continuent et que les appels à la désescalade se multiplient sur la scène internationale.



