Bombardement d'une école en Iran : tensions internationales et accusations croisées
École bombardée en Iran : tensions et accusations internationales

Bombardement d'une école en Iran : les tensions internationales s'exacerbent

Les tensions au Moyen-Orient ont atteint un nouveau sommet après le bombardement d'une école en Iran, déclenchant une série d'accusations entre les États-Unis, Israël et Téhéran. Les autorités iraniennes affirment que l'explosion survenue à Minab, dans le sud du pays, le 28 février, a causé la mort de plus de 150 personnes, dont de nombreux enfants.

Une tragédie aux circonstances troubles

L'Agence France-Presse n'a pas pu accéder au site pour vérifier indépendamment le bilan ou les circonstances exactes de cette tragédie. Les médias étrangers doivent en effet obtenir une autorisation spéciale pour effectuer des reportages en dehors de Téhéran.

Ce qui peut être vérifié : des images filmées depuis un parking montrent d'épaisses volutes de fumée noire s'échappant d'un bâtiment gravement endommagé, orné de fresques représentant des crayons de couleur, des enfants et une pomme. L'AFP a géolocalisé cette vidéo confirmant qu'elle correspond bien à un bâtiment situé à Minab, dans la province d'Hormozgan.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La télévision publique iranienne et un média local ont identifié le site comme étant celui de l'école élémentaire de filles Shajare Tayyebeh. L'AFP a également établi que le bâtiment se trouvait à proximité immédiate de deux sites contrôlés par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), la puissante garde idéologique du régime iranien.

Les accusations iraniennes et les réactions internationales

Le président iranien Massoud Pezeshkian a décrit cet événement comme « une frappe israélo-américaine sur une école ». Selon les médias d'État iraniens, les funérailles d'au moins 165 personnes ont eu lieu le 3 mars, incluant celles d'élèves tuées dans cette attaque présumée.

Les chaînes de télévision ont diffusé des images montrant une foule rassemblée autour de corps enveloppés dans des linceuls blancs, ainsi que des cercueils ornés de drapeaux iraniens portant parfois la photographie d'un enfant.

Les démentis et revirements américains

Interrogé sur un éventuel bombardement de l'école par les États-Unis, l'ancien président Donald Trump a initialement répondu : « Non. Sur la base de ce que j'ai vu, cela a été fait par l'Iran ».

La pression sur l'administration américaine s'est considérablement accrue après que le New York Times a authentifié une vidéo diffusée par l'agence semi-officielle iranienne Mehr. Cette séquence montre un missile de croisière Tomahawk américain frappant une base navale située à proximité de l'école de Minab le 28 février.

Le Pentagone a ouvert une enquête et Donald Trump a partiellement fait machine arrière, indiquant qu'il « s'accommoderait » de ses résultats. Selon le New York Times du mercredi 5 mars, cette enquête semble pointer vers la responsabilité des forces américaines.

Une erreur de ciblage américaine ?

Le quotidien américain, citant des responsables américains et des sources proches de l'enquête, rapporte que le missile qui a frappé l'école a bien été tiré par l'armée américaine. La frappe résulterait « d'une erreur de ciblage de l'armée américaine, qui menait des frappes contre une base iranienne adjacente dont le bâtiment scolaire faisait autrefois partie ».

Les détails techniques : selon le journal, « les officiers du Commandement central américain ont créé les coordonnées de la cible pour la frappe en utilisant des données obsolètes fournies par l'agence du renseignement de la Défense ». Interrogé à la Maison Blanche par des journalistes concernant ces informations, Donald Trump a affirmé qu'il n'était « pas au courant ».

Le déni catégorique d'Israël

Israël a constamment nié toute implication dans cette frappe ou en avoir eu connaissance. L'armée israélienne a déclaré le 1er mars « ne pas être au courant » d'une frappe américaine ou israélienne contre une école en Iran.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Les réactions des organisations internationales

À Genève, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a exprimé vendredi son espoir que l'enquête américaine soit « rapide » et se déroule « en toute transparence ».

L'organisation de défense des droits humains Hengaw, basée en Norvège, a annoncé qu'elle enquêtait sur l'identité des élèves qui auraient été tués dans ce bombardement. Dans un communiqué, l'organisation a précisé que les cours du matin se déroulaient à l'école Shajare Tayyebeh au moment de l'incident et qu'environ 170 élèves auraient pu être présents.

Contexte stratégique : la ville de Minab est située dans une position géographique cruciale, à proximité immédiate du détroit d'Ormuz. Ce passage maritime représente l'un des corridors les plus importants pour le commerce mondial des hydrocarbures, ajoutant une dimension géopolitique supplémentaire à cette tragédie.