Kaboul frappée par un bombardement pakistanais : des centaines de victimes civiles dans un centre de traitement
Bombardement pakistanais à Kaboul : des centaines de victimes civiles

Un bombardement meurtrier dans la capitale afghane

Les conséquences du conflit persistant entre le Pakistan et l'Afghanistan ont atteint un nouveau sommet tragique ce lundi soir. Un bombardement aérien pakistanais a frappé le centre de Kaboul, ciblant selon les autorités afghanes un établissement de traitement pour toxicomanes et causant un bilan humain particulièrement lourd parmi la population civile.

Un centre médical transformé en champ de ruines

Vers 21 heures locales, plusieurs explosions puissantes ont retenti dans le cœur de la capitale afghane, semant la panique parmi les habitants. À quelques jours seulement de la fête marquant la fin du ramadan, des familles qui profitaient de la fraîcheur après la rupture du jeûne ont dû courir se mettre à l'abri dans leurs maisons ou dans des sous-sols.

Sur les lieux du drame, des journalistes de l'AFP ont décrit des scènes de désolation absolue. Des dizaines de corps sans vie gisaient au milieu des décombres, tandis que des blessés criaient pour obtenir de l'aide dans une atmosphère chaotique. Un incendie faisait toujours rage sur le site, compliquant les opérations de secours.

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Des chiffres de victimes qui ne cessent d'augmenter

Le ministère de la Santé afghan a fourni des estimations alarmantes basées sur des rapports préliminaires. Le bilan pourrait atteindre 200 morts et plus de 200 blessés, a déclaré le porte-parole Sharafat Zaman, tout en précisant qu'il était impossible à ce stade de donner un chiffre exact. Plus tard dans la nuit, un porte-parole gouvernemental a évoqué des craintes d'un bilan encore plus lourd, avec jusqu'à 400 morts et 250 blessés.

L'établissement touché accueillait environ 3.000 patients suivant des traitements contre les addictions, selon les informations du ministère de la Santé. À l'hôpital de l'ONG italienne Emergency dans la capitale, le directeur Dejan Panic a confirmé la réception d'au moins trois corps et le traitement de 27 blessés, sans exclure que ces chiffres ne soient appelés à augmenter.

Des versions contradictoires sur la nature de la cible

Le gouvernement pakistanais affirme avoir mené une opération contre « des cibles militaires et terroristes », justifiant ainsi son intervention sur le sol afghan. Cependant, les autorités afghanes rejettent catégoriquement cette version des faits.

Sur le réseau social X, le porte-parole du gouvernement Zabihullah Mujahid a accusé le Pakistan d'avoir « une nouvelle fois violé l'espace aérien afghan » en visant délibérément un centre de traitement contre les addictions. « Le régime pakistanais a tué et blessé de nombreux civils, pour la plupart des toxicomanes suivant un traitement », a-t-il affirmé avec indignation.

Un conflit frontalier qui s'envenime

Cette frappe aérienne intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays voisins. Le Pakistan accuse depuis plusieurs mois l'Afghanistan d'accueillir sur son territoire des combattants du mouvement des talibans pakistanais, responsables selon Islamabad d'attaques meurtrières sur le sol pakistanais. Les autorités afghanes démentent régulièrement ces accusations.

Après une période d'accalmie relative suivant une escalade en octobre dernier qui avait déjà fait des dizaines de morts, les hostilités ont repris avec une intensité particulière à partir du 26 février. Le Pakistan a alors parlé de « guerre ouverte » le 27 février, avant de procéder à cette frappe sur Kaboul qui marque une dangereuse escalade dans ce conflit régional.

Les opérations de secours se poursuivaient dans la nuit, avec un ballet incessant d'ambulances évacuant les blessés vers les différents hôpitaux de la ville, tandis que les équipes de secouristes tentaient de retrouver d'éventuels survivants sous les décombres du centre médical détruit.

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