Batot Air : l'opérateur aérien discret au cœur des tensions en Afrique
Un Illiouchine Il-76, modèle d'avion cargo acquis ultérieurement par la compagnie Batot Air, a été photographié sur le tarmac de l'aéroport de Port-Soudan le 5 mai 2023. Cette image illustre le rôle croissant d'un nouvel acteur dans le paysage aérien africain, qui cultive une discrétion absolue dans ses opérations.
Une présence furtive au Burkina Faso
Enregistrée officiellement en août 2024 au Burkina Faso, Batot Air n'a pourtant mis en service ses quatre appareils gros-porteurs qu'à partir de novembre 2025. Fait notable, les avions-cargos de marque Iliouchine et Antonov composant sa flotte n'ont jamais été observés sur le tarmac de l'aéroport de Ouagadougou, la capitale burkinabè.
Des rotations stratégiques vers la Corne de l'Afrique
À la place, ces appareils enchaînent des allers-retours réguliers entre les Émirats arabes unis (EAU) et plusieurs pays de la Corne de l'Afrique, notamment l'Éthiopie et le Tchad. Ce ballet aérien présente des similitudes frappantes avec le pont logistique établi de longue date par les puissances du Golfe vers leurs alliés en Afrique de l'Est.
Le lien avec le conflit soudanais
Les principaux bénéficiaires de cette logistique seraient aujourd'hui les Forces de soutien rapide (FSR), les paramilitaires commandés par le général Mohammed Hamdan Daglo, surnommé « Hemetti », et engagés dans la guerre civile au Soudan depuis avril 2023. Cette connexion a été mise en lumière par les rapports d'experts des Nations unies.
Les observations alarmantes de l'ONU
Dès 2024, les observateurs onusiens signalaient « une forte rotation d'avions-cargos en provenance de l'aéroport international d'Abou Dhabi » à destination du Soudan et des nations voisines. Ces vols, documentés dans le cadre des sanctions internationales, soulèvent des questions sur les circuits d'approvisionnement militaires dans la région.
L'activité de Batot Air s'inscrit ainsi dans un contexte géopolitique complexe, où les liaisons aériennes cargo servent de vecteur à des soutiens indirects dans des zones de conflit. La discrétion opérationnelle de la compagnie contraste avec l'impact significatif de ses rotations sur la dynamique des hostilités au Soudan.



