Ce dimanche 11 octobre, les rebelles Houthis du Yémen ont revendiqué l'attaque menée la veille contre l'aéroport international du roi Khaled à Riyad, en Arabie saoudite. Le bilan s'élève à au moins 12 morts et 309 blessés, selon les autorités saoudiennes. Une ressortissante française figure parmi les blessés. Cette attaque est la plus meurtrière dans le royaume depuis plus de dix ans.
Un bilan humain lourd et des victimes de plusieurs nationalités
Les derniers décomptes font état de 12 morts et de plus de 300 blessés (309, pour le moment) après que les Houthis pro-iraniens ont frappé samedi 10 octobre l'aéroport international du roi Khaled. Parmi les morts figurent quatre Saoudiens ainsi que huit étrangers : deux Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien et un Soudanais. Une Française a été découverte parmi les blessés.
Le ministère de l'Éducation saoudien a appelé toutes les écoles à rester fermées et à passer en mode distanciel au moins pour toute la semaine, a rapporté l'AFP. C'est la deuxième fois en moins d'un mois que cette mesure est prise dans la capitale.
Menaces de nouvelles frappes et escalade militaire
Ce dimanche, le mouvement Houthi a menacé d'attaquer à nouveau les aéroports. Les voyageurs, employés et compagnies aériennes ont été dissuadés de s'y rendre. Seuls les aéroports des villes saintes de La Mecque et Médine semblent épargnés par le risque, selon le porte-parole militaire du mouvement Yahya Saree.
Les Houthis avaient déjà revendiqué des frappes mercredi et jeudi contre l'aéroport. Quatre Saoudiens, un Égyptien et un Algérien sont morts. La coalition a également annoncé dans la soirée de samedi la chute d'un projectile près de l'aéroport de Dammam, dans l'est du royaume. Un autre projectile a été intercepté au sud-est de Riyad.
Les frappes se multiplient ces derniers jours, et leur ampleur et leur fréquence sont sans précédent depuis 2014 et le début de la guerre au Yémen opposant les Houthis aux forces gouvernementales yéménites, qui avaient reçu le soutien militaire d'une coalition conduite par l'Arabie saoudite à partir de 2015, rembobine l'AFP.
Réactions internationales et condamnations
La coalition militaire menée par l'Arabie saoudite a promis de répondre "avec fermeté" à cette attaque qu'elle a qualifiée de "crime de guerre". De son côté, l'ONU s'inquiète d'une escalade de violence. L'émissaire du Yémen Hans Grundberg a exprimé ses craintes "pour la sécurité régionale" et pointé que ces actions "compliquent encore davantage les efforts de paix pour le Yémen".
La France a dénoncé "l'attaque odieuse conduite par les Houthis" et réaffirmé sa solidarité avec l'Arabie saoudite, promettant qu'elle "continuera de se tenir à ses côtés dans la défense de son territoire et de ses infrastructures". Le Pakistan, par la voix de son Premier ministre Shehbaz Sharif, a condamné une attaque visant des civils et des infrastructures essentielles, la qualifiant de menace pour la paix. Les Émirats arabes unis ont dénoncé une "violation flagrante de la souveraineté" saoudienne et réaffirmé leur soutien au royaume.
Au Koweït, l'ambassade saoudienne a organisé le rapatriement par bus des ressortissants bloqués après la suspension des vols vers Riyad. L'Allemagne parle, elle, d'un "acte terroriste contre l'Arabie saoudite et l'aviation civile", tandis que l'Irak a dénoncé une menace pour la stabilité régionale et appelé à la cessation des opérations militaires. Les États-Unis ont jugé l'attaque "inacceptable". Donald Trump prévoit d'en discuter avec le prince héritier Mohammed ben Salmane. Washington a également renforcé les restrictions d'accès aux aéroports saoudiens pour ses fonctionnaires.
Évolutions sur le terrain et perspectives
Les forces gouvernementales yéménites ont progressé face aux Houthis près du détroit de Bab el-Mandeb, sans parvenir à sécuriser ce passage stratégique depuis que l'Iran a imposé des restrictions de navigation dans le détroit d'Ormuz. Les Houthis affirment toujours contrôler l'île de Mayyoun, située au cœur du détroit. Ces déclarations restent impossibles à vérifier indépendamment, pointe toutefois l'AFP, car la situation évolue rapidement et l'accès pour les journalistes est difficile.