Conflit au Moyen-Orient : l'AIE alerte sur la plus grande perturbation pétrolière de l'histoire
AIE : plus grande perturbation pétrolière de l'histoire

La plus grande perturbation pétrolière de l'histoire selon l'AIE

La guerre au Moyen-Orient, qui paralyse actuellement le détroit d'Ormuz et perturbe gravement la circulation mondiale des hydrocarbures, représente la plus importante perturbation de l'approvisionnement en pétrole jamais enregistrée dans l'histoire. C'est l'avertissement solennel que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a lancé ce jeudi, soulignant l'ampleur sans précédent de cette crise énergétique mondiale.

Un conflit aux conséquences économiques dévastatrices

Déclenché le 28 février par des attaques américano-israéliennes contre l'Iran, ce conflit pénalise sévèrement l'approvisionnement en or noir de l'économie mondiale. Il affaiblit considérablement les sites de production de la région et menace désormais également ses services financiers essentiels. Les pays du Golfe réduisent actuellement leur production pétrolière d'au moins 10 millions de barils par jour en raison du blocage du détroit d'Ormuz, de facto contrôlé par l'Iran, selon le rapport alarmant de l'AIE.

Face à cette situation critique, les 32 pays membres de l'Agence - dont les États-Unis - ont décidé mercredi un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques. Cette mesure exceptionnelle vise à apaiser les inquiétudes des marchés devenus ultra-volatils depuis lundi. Pourtant, vers 7 heures GMT, le baril de Brent européen affichait une hausse spectaculaire de 6,6% à 98,04 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, progressait de 6,3% à 92,72 dollars.

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Des attaques multiples contre les infrastructures énergétiques

La situation sur le terrain continue de se dégrader avec des attaques répétées contre les infrastructures pétrolières :

  • Des explosions ont été entendues jeudi dans le centre de Dubaï, dont une particulièrement violente
  • Bahreïn a dénoncé une attaque iranienne contre des réservoirs d'hydrocarbures
  • À Oman, des réservoirs de carburant du port de Salalah étaient en feu après une attaque de drone
  • L'Arabie saoudite rapporte une nouvelle attaque de drone contre le champ pétrolier de Shaybah
  • Le Koweït signale des dégâts après une attaque de drones sur l'aéroport de la capitale
  • Une attaque contre deux pétroliers au large de l'Irak a fait au moins un mort et plusieurs disparus

La télévision étatique irakienne a diffusé des images dramatiques montrant un navire en mer d'où s'élevaient d'impressionnantes boules de feu et d'épaisses volutes de fumée, rappelant que trois bateaux avaient déjà été frappés la veille.

La menace s'étend aux services financiers

Mais le danger ne se limite plus aux seules infrastructures énergétiques. La menace s'étend désormais aussi sur le secteur bancaire et financier, services essentiels des grandes capitales du Golfe. L'agence iranienne Tasnim a cité les géants américains de la technologie comme de futures cibles potentielles de Téhéran, mentionnant spécifiquement Amazon, Google, Microsoft, IBM Oracle et Nvidia.

Cette stratégie œil pour œil, dent pour dent a été revendiquée mardi par le président du Parlement iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf. Les effets se font déjà sentir : le géant bancaire américain Citi et les cabinets de conseil britanniques Deloitte et PwC ont évacué ou fermé mercredi leurs bureaux à Dubaï par mesure de précaution.

Une guerre économique aux coûts exorbitants

Les gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, se disent prêts à mener une longue campagne pour forcer Washington à la retraite en ciblant systématiquement les intérêts occidentaux. Ali Fadavi, un de leurs représentants, a ainsi brandi la menace d'une guerre d'usure capable de détruire l'économie américaine entière et même l'économie mondiale.

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Ces développements inquiétants interviennent alors que le président américain Donald Trump a tenté de présenter ces perturbations comme temporaires. Il a promis qu'une grande sécurité régnerait bientôt dans ce goulot d'étranglement stratégique, qui voit normalement passer un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Trump a également assuré que 28 navires poseurs de mines avaient été neutralisés, minimisant ainsi le risque de voir le détroit entièrement miné et impropre à la reprise des échanges commerciaux.

Sur le plan économique, l'opération militaire représente un gouffre financier pour les États-Unis. La première semaine de guerre leur a coûté plus de 11 milliards de dollars, selon le New York Times qui s'appuie sur des sources parlementaires. Le Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS), un groupe de réflexion indépendant basé à Washington, a quant à lui chiffré les 100 premières heures de l'opération à 3,7 milliards de dollars.

L'escalade régionale se poursuit

Simultanément, Israël poursuit ses attaques au Liban visant le Hezbollah pro-iranien avec de lourdes frappes mercredi soir sur le sud de Beyrouth. Les autorités libanaises, qui ont recensé plus de 800 000 déplacés, ont fait état jeudi matin d'au moins huit morts supplémentaires dans la capitale.

L'armée israélienne a également lancé une nouvelle vague de frappes à grande échelle sur Téhéran après que l'Iran a indiqué avoir mené une opération conjointe avec le Hezbollah contre une cinquantaine de cibles sur son territoire. Cette attaque a été décrite comme un feu continu pendant cinq heures de missiles et de drones. Téhéran a déclaré avoir ciblé des bases militaires israéliennes ainsi que le quartier général du Shin Bet, l'agence de la sécurité intérieure d'Israël.

La situation reste extrêmement tendue alors que les ports pourraient eux-mêmes devenir des cibles militaires. L'armée américaine a appelé les civils iraniens à s'éloigner de ceux situés dans la région du détroit d'Ormuz, avertissant que s'ils sont utilisés à des fins militaires, ils perdent leur statut protégé. Téhéran menace d'une réponse symétrique, assurant qu'en cas d'attaque, tous les ports et quais de la région deviendraient des cibles légitimes.