Escalade des tensions entre l'Afghanistan et le Pakistan
Les relations déjà tendues entre l'Afghanistan et le Pakistan ont connu une nouvelle détérioration cette semaine, avec une intensification des combats frontaliers qui inquiète la communauté internationale. Alors que le ministère de la défense afghan affirme que « les combats se poursuivent » contre les forces pakistanaises, la violence s'est étendue à plusieurs régions, y compris la capitale.
Explosions et tirs dans les villes afghanes
Mardi 3 mars, des journalistes de l'Agence France-Presse (AFP) ont rapporté avoir entendu plusieurs explosions et tirs à Kaboul. Les détonations ont résonné simultanément avec des tirs d'armes anti-aériennes et des coups de feu à travers la capitale, créant un climat de peur parmi la population. Dans la ville de Jalalabad, stratégiquement située entre Kaboul et la frontière pakistanaise, un correspondant de l'AFP a également signalé des explosions et des tirs provenant de diverses armes, indiquant une propagation des hostilités.
Au poste-frontière de Torkham, à environ 50 kilomètres de Jalalabad, des résidents ont confirmé à l'AFP que les combats, qui durent depuis plusieurs jours, se poursuivaient sans relâche. Cette situation frontalière volatile témoigne de l'ampleur croissante du conflit entre les deux nations voisines.
L'Unicef sonne l'alarme sur les victimes civiles
Dans une déclaration publiée mardi, l'Unicef s'est dite « alarmée par les informations faisant état d'enfants tués et blessés » dans les affrontements entre l'Afghanistan et le Pakistan. L'agence onusienne a lancé un appel urgent à toutes les parties impliquées, les exhortant à « faire preuve d'une retenue maximale et à protéger la vie des civils ». Cet avertissement intervient alors que le bilan des pertes civiles ne cesse de s'alourdir depuis le début des hostilités.
Origines et développement du conflit frontalier
La situation actuelle trouve ses racines dans la détérioration progressive des relations bilatérales au cours des derniers mois. Le point de rupture est survenu jeudi dernier, lorsque l'Afghanistan a lancé une offensive frontalière en réponse aux frappes aériennes pakistanaises qui avaient ciblé le district de Ghani Khel dans la province de Nangarhar le 1er mars. Le Pakistan avait alors déclaré la « guerre ouverte » aux autorités talibanes, les accusant depuis longtemps d'abriter des militants armés qui mènent des attaques sur son territoire – une accusation que les autorités afghanes rejettent catégoriquement.
Islamabad a précisé que ses frappes aériennes de février, qui ont déclenché l'escalade actuelle, visaient spécifiquement des combattants armés. Cependant, les conséquences humanitaires de ces opérations militaires se sont avérées désastreuses pour les populations civiles des deux côtés de la frontière.
Bilan humanitaire de plus en plus lourd
Les derniers combats se sont concentrés dans les provinces du sud-est de l'Afghanistan, notamment à Kandahar selon le ministère de la défense, ainsi que dans la province voisine de Zabul selon les autorités locales. Le gouvernement afghan a annoncé qu'au moins 39 civils ont été tués depuis jeudi, un bilan que le Pakistan n'a pas commenté officiellement.
Parmi les dernières victimes figurent tragiquement trois enfants tués lundi dans ce que le porte-parole adjoint du gouvernement afghan, Hamdullah Fitrat, a qualifié de « crime commis par le régime militaire pakistanais » dans la province frontalière de Kunar. Ces pertes civiles, particulièrement celles touchant les enfants, soulignent l'urgence d'une désescalade immédiate et d'une protection renforcée des populations vulnérables.
La situation reste extrêmement tendue le long de la frontière afghano-pakistanaise, avec des perspectives de résolution qui semblent s'éloigner à mesure que les combats s'intensifient et que le coût humain continue de grimper.



