Un conflit qui touche des milliers de Français au Moyen-Orient
Le conflit actuel au Moyen-Orient a des répercussions directes sur environ 200 000 Français, selon les dernières estimations. Parmi eux, de nombreux résidents établis en Israël et dans les pays du Golfe préfèrent, pour le moment, ne pas être rapatriés. Cette situation crée une pression considérable sur les autorités et les compagnies aériennes, qui doivent gérer des flux de population dans une région instable.
Touristes et passagers en transit : une réalité complexe
Environ 5 000 touristes français profitent actuellement des vacances scolaires pour séjourner dans des destinations comme Dubaï, Abou Dhabi, Doha ou Oman. Ces voyageurs s'ajoutent aux nombreux passagers en correspondance dans les aéroports de la région, parmi les plus fréquentés au monde. Par exemple, l'aéroport de Dubaï, hub d'Emirates, a enregistré plus de 95 millions de passagers en transit pour la seule année 2025. De son côté, Doha, le hub de Qatar Airways, en a accueilli plus de 54 millions.
Aujourd'hui, on compte 10 000 Français au Qatar, dont 1 500 se trouvent en correspondance à l'aéroport de Doha. Ces chiffres illustrent l'ampleur des défis logistiques auxquels sont confrontées les compagnies aériennes comme Air France.
Les défis logistiques d'Air France pour les rapatriements
Affréter un avion pour rapatrier des passagers n'est pas une opération simple. Par exemple, ramener 400 passagers de Dubaï à Paris nécessite de trouver un appareil disponible, comme un Boeing 777-300ER, et de rassembler deux équipages complets. Un équipage assure le vol entre Roissy et Dubaï, tandis que l'autre voyage comme passagers « en mise en place » pour prendre le relais au retour.
Cette organisation est essentielle car le trajet de 5 200 km dure plus de 6 heures, et un seul équipage dépasserait les amplitudes légales autorisées. De plus, le temps d'escale est réduit au minimum pour limiter les risques d'attaques de drones ou de missiles. Sans nettoyage de cabine, le plein de carburant et l'embarquement peuvent se faire en moins d'une heure.
D'autres régions compliquées pour les compagnies aériennes
Le Moyen-Orient n'est pas la seule région posant des difficultés. La Russie est interdite de survol aux compagnies occidentales, obligeant à des détours de parfois trois heures pour contourner la Sibérie. Par ailleurs, Air France a annoncé la suspension de sa desserte trihebdomadaire de La Havane jusqu'au 15 juin, faute de kérosène à Cuba. Cette pénurie résulte du blocus américain sur les livraisons de pétrole vénézuélien, après la capture de l'ex-président Nicolas Maduro.
Destinations suspendues en Afrique et ailleurs
Air France interrompt aussi temporairement ses vols vers Zanzibar du 22 mars au 26 mai 2026, coïncidant avec la « green season », période de faible activité touristique. Les vols combinant Zanzibar et Kilimandjaro doivent reprendre ensuite, mais cette décision est un coup dur pour le tourisme local, déjà fragilisé par une assurance voyage obligatoire.
En Afrique, les destinations du Mali, du Niger et du Burkina Faso sont également suspendues en raison de l'instabilité politique et des failles sécuritaires. Ces suspensions reflètent les défis croissants auxquels font face les compagnies aériennes dans un contexte géopolitique tendu.



