Une nouvelle étude australienne met en doute l'efficacité de l'interdiction des réseaux sociaux pour les adolescents de moins de 16 ans, une mesure pourtant adoptée par le gouvernement australien en 2024. Selon les chercheurs, la loi a un impact limité car les jeunes contournent facilement les restrictions.
Une loi symbolique mais peu respectée
L'étude, menée par l'Université de Melbourne et publiée le 25 juin 2025, révèle que 78 % des adolescents australiens âgés de 12 à 15 ans continuent d'utiliser les réseaux sociaux malgré l'interdiction. Les méthodes de contournement incluent l'utilisation de faux âges, de comptes parentaux ou de VPN. « La loi est largement ignorée », déclare la professeure Sarah Johnson, co-autrice de l'étude. « Les adolescents sont très habiles pour trouver des moyens de contourner les restrictions. »
Des mesures techniques insuffisantes
L'interdiction, entrée en vigueur en janvier 2024, exigeait que les plateformes comme Instagram, TikTok et Snapchat vérifient l'âge des utilisateurs. Cependant, les vérifications d'âge sont souvent inefficaces. Selon l'étude, seulement 22 % des adolescents déclarent avoir été bloqués par les systèmes de vérification. Les experts estiment que les technologies de reconnaissance faciale ou de vérification d'identité pourraient être plus efficaces, mais leur déploiement est lent et coûteux.
Un impact sur le bien-être mental ?
Les partisans de la loi espéraient réduire l'anxiété et la dépression chez les jeunes. L'étude note une légère baisse du temps d'écran chez les adolescents, mais pas de changement significatif dans les indicateurs de santé mentale. « Les effets positifs escomptés ne se matérialisent pas », explique le Dr. Michael Chen, psychologue. « Les jeunes se tournent vers d'autres applications ou plateformes non concernées par l'interdiction. »
Des alternatives envisagées
Face à ce constat, des voix s'élèvent pour proposer des mesures alternatives. L'association « Parents pour un numérique responsable » suggère de renforcer l'éducation aux médias et de responsabiliser les plateformes plutôt que d'interdire. « Interdire n'est pas la solution. Il faut apprendre aux jeunes à utiliser les réseaux sociaux de manière critique », affirme sa présidente, Marie Dupont. Le gouvernement australien n'a pas encore réagi à l'étude, mais des discussions sont en cours pour ajuster la législation.
Un débat international
L'Australie est l'un des premiers pays à avoir imposé une interdiction aussi large. D'autres nations, comme la France et le Royaume-Uni, observent les résultats avec attention. En France, une proposition de loi similaire est en débat, mais les experts appellent à la prudence. « Les données australiennes montrent que l'interdiction seule ne suffit pas. Une approche combinée est nécessaire », conclut le professeur Johnson.



