Payer pour franchir le détroit d’Ormuz ? Le projet – contesté – de l’Iran n’est pas une première : au XVIe siècle, les Portugais avaient déjà imposé un tel système très rentable dans ce passage maritime, essentiel au commerce. Une histoire peu connue que L’Express vous raconte, alors qu’après cinquante jours de blocus, l’Iran a mis en place, ce lundi 18 mai, une nouvelle Persian Gulf Strait Authority (PGSA) – un organisme chargé de percevoir les taxes.
Un précédent historique : les Portugais au XVIe siècle
Dès le début du XVIe siècle, les Portugais, maîtres de la route des Indes, avaient établi un système de péage dans le détroit d'Ormuz. Ils contrôlaient le passage des navires marchands et imposaient des droits de douane, générant des revenus considérables pour la couronne portugaise. Cette pratique, bien que contestée par les puissances locales, a perduré pendant plusieurs décennies, jusqu'à l'arrivée des Britanniques et des Hollandais.
Le projet iranien : une PGSA contestée
La République islamique entend en effet instaurer un péage pour les navires empruntant cette voie stratégique pour l’économie mondiale. Selon Téhéran, la PGSA devra gérer, réguler et autoriser le trafic maritime dans le détroit. C’est surtout elle qui percevra les droits de passage auxquels seraient soumis les bateaux – jusqu’à 2 millions de dollars, payables en yuan chinois ou en bitcoins pour échapper au droit américain ! La décision iranienne d’étendre sa souveraineté sur le détroit n’en reste pas moins une violation du droit international, en particulier de la Convention de Montego Bay sur le droit de la mer (1982), qui garantit la liberté de transit, y compris dans les eaux territoriales.
Ce projet, qui survient après un blocus de cinquante jours, suscite de vives réactions de la part de la communauté internationale. Les États-Unis, alliés de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, ont déjà condamné cette mesure, la qualifiant d'acte de piraterie. De son côté, l'Iran justifie cette décision par la nécessité de protéger ses intérêts nationaux et de financer le développement de ses infrastructures maritimes. Cependant, les experts en droit international estiment que cette initiative pourrait déstabiliser davantage une région déjà marquée par les tensions géopolitiques.



