Palestiniens aux urnes : premières municipales depuis le début de la guerre
Municipales palestiniennes : un vote sous tension

Un vote sans illusion, pour la première fois depuis le début de la guerre. Samedi, des Palestiniens de Cisjordanie et d'autres de la bande de Gaza sont appelés aux urnes pour désigner leurs maires et conseillers municipaux. Au total, près d'1,5 million de personnes sont inscrites sur les listes électorales en Cisjordanie occupée et 70 000 dans la zone de Deir el-Balah, dans le centre de l'enclave, selon la Commission électorale centrale, basée à Ramallah.

Des bureaux de vote ouverts malgré les difficultés

Les bureaux de vote seront ouverts de 7 heures à 19 heures en Cisjordanie, tandis qu'à Deir el-Balah, ils fermeront à 17 heures pour permettre un dépouillement à la lumière du jour, en raison de l'absence d'électricité. Cette organisation reflète les conditions de vie précaires dans la bande de Gaza, dévastée par les frappes israéliennes.

Aucune liste du Hamas en lice

La plupart des listes électorales sont alignées avec le Fatah, le parti nationaliste et laïque du président palestinien Mahmoud Abbas, 90 ans, ou sans étiquette. Aucune liste ne se réclame en revanche du Hamas, le rival islamiste du Fatah qui contrôle près de la moitié de la bande de Gaza et dont l'attaque du 7 octobre 2023 contre Israël a déclenché la guerre. Cette absence marque une différence notable avec les précédentes échéances électorales.

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Mahmoud Bader, un homme d'affaires de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, affirme qu'il votera, sans illusion. « Indépendants ou venant d'un parti, les candidats ne changeront rien à la ville », dit-il à l'AFP, alors qu'Israël a pris le contrôle de deux camps de réfugiés voisins depuis plus d'un an. « C'est l'occupation (israélienne) qui dirige Tulkarem », ajoute-t-il. Dans d'autres grandes villes, dont Naplouse et Ramallah, une seule liste est en lice, limitant le choix des électeurs.

Un test pour l'Autorité palestinienne

À Gaza, contrôlée par le Hamas depuis 2007, il s'agit des premières élections depuis les législatives de 2006 que le mouvement avait remportées. Le Coordonnateur spécial adjoint de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, a salué l'organisation de ce scrutin. Ces élections « représentent une occasion importante pour les Palestiniens d'exercer leurs droits démocratiques, à un moment particulièrement difficile », a-t-il jugé.

À Deir al-Balah à Gaza, une des rares localités du territoire dévasté par deux ans de frappes israéliennes où la population n'a pas été massivement déplacée, ce scrutin est un test pour l'Autorité palestinienne. Selon l'expert en sciences politiques Jamal al-Fadi, de l'université Al-Azhar au Caire, l'institution présidée par Mahmoud Abbas utilise le vote comme « une expérience (afin d'estimer) son succès ou son échec, car il n'y a pas de sondages » depuis le cessez-le-feu, en octobre 2025. Le président, au pouvoir depuis 2005, s'est maintenu sur la promesse d'organiser des présidentielles et législatives, mais elles n'ont jamais été suivies d'effet.

La sécurité des centres de vote

La commission électorale a dit avoir fait appel à « une société de sécurité privée pour sécuriser les centres de vote » à Gaza, a déclaré à l'AFP son porte-parole, Farid Taamallah. Mais une source de la commission à Gaza, qui a requis l'anonymat, a affirmé que « la police du Hamas a insisté pour assurer la sécurité du processus électoral à Deir al-Balah », parlant du déploiement de « personnel de sécurité non armé en civil » autour des centres de vote. Cette situation témoigne des tensions persistantes entre le Fatah et le Hamas.

Farah Chaath, un habitant de Deir al-Balah, se dit heureux de voter pour la première fois, à 25 ans, jugeant que l'élection « est une confirmation de notre présence continue dans la bande de Gaza malgré tout ». Pour lui, ce vote est un acte de résistance et d'espoir dans un contexte de guerre et de destruction.

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