Au moins vingt-trois personnes ont perdu la vie samedi dernier à Kati, une localité située à une trentaine de kilomètres de Bamako, la capitale malienne. Cette attaque, d'une violence inouïe, a été revendiquée conjointement par des groupes touaregs et des factions djihadistes opérant dans le nord du pays. Selon des témoins oculaires, les assaillants ont pris d'assaut plusieurs positions militaires et administratives, semant la terreur parmi la population civile.
Un bilan humain lourd
Les autorités locales, sous couvert d'anonymat, ont confirmé un bilan provisoire de vingt-trois morts, dont au moins six civils, douze militaires et cinq assaillants. Les opérations de secours se sont poursuivies tout au long de la journée de dimanche, alors que les forces de sécurité tentaient de reprendre le contrôle de la zone. Les hôpitaux de la région ont été submergés par l'afflux de blessés, certains dans un état critique.
Une offensive coordonnée
Cette attaque marque une escalade significative dans le conflit qui déchire le Mali depuis 2012. Les groupes touaregs, traditionnellement en lutte pour l'autonomie de l'Azawad, se sont alliés à des mouvements djihadistes pour mener cette offensive d'envergure. Selon des analystes sécuritaires, cette coordination inédite pourrait viser à affaiblir le gouvernement de transition et à contester le contrôle des forces internationales présentes dans le pays.
Le gouvernement malien a condamné fermement cette attaque et promis de renforcer les mesures de sécurité dans la région de Bamako. Dans un communiqué, il a appelé la population à la vigilance et à la collaboration avec les forces de l'ordre. La communauté internationale, par la voix de l'ONU et de l'Union africaine, a exprimé sa solidarité avec le Mali et réitéré son soutien à la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.
Les habitants de Kati, encore sous le choc, décrivent une attaque d'une rare violence. "Ils sont arrivés de toutes parts, tirant sur tout ce qui bougeait", raconte un rescapé. "Nous avons couru nous cacher, mais beaucoup n'ont pas eu cette chance." Les écoles et les commerces sont restés fermés ce lundi, tandis que les patrouilles militaires quadrillent les rues de la ville.
Cette offensive soulève des questions sur la capacité du gouvernement malien à assurer la sécurité de ses citoyens, même à proximité de la capitale. Alors que les élections présidentielles sont prévues pour l'année prochaine, la situation sécuritaire demeure un défi majeur pour les autorités de transition.



