Le long cauchemar de la pandémie de Covid aura eu un mérite. Face aux inquiétudes que suscite un nouveau virus méconnu, qui peut se transmettre d'homme à homme, les pouvoirs publics paraissent moins désarmés. Cette fois, le danger est pris immédiatement au sérieux. Les mois de février et mars 2020 nous avaient appris, ou rappelé, dans la douleur, une première leçon : face à un risque de pandémie, il faut agir vite, casser aussi rapidement que possible les chaînes de transmission. Loin des atermoiements de l'hiver 2020, la vigilance s'est imposée dès que, le 3 mai, un foyer d'infection à Hantavirus a été signalé à bord du navire de croisière « Hondius ».
L'Organisation mondiale de la Santé a recommandé que les 147 passagers soient tous considérés comme des « contacts à haut risque », et soumis à un isolement préventif de 42 jours. Mesure suivie par la plupart des pays qui vont rapatrier ces touristes – pas par tous, ce qui est un point préoccupant. Les premiers cas contacts ont été identifiés dès le 6 mai, même si le travail d'investigation est loin d'être terminé.
S'agissant des cinq croisiéristes français, ils ont été rapatriés et hospitalisés à l'isolement « jusqu'à nouvel ordre », a minima quinze jours. 22 cas contacts ont été repérés.
La riposte est, par rapport au Covid, plus précise. Et plus maîtrisée en termes de communication, plus sobre. Cette fois, pas de déclarations à l'emporte-pièce des ministres sur les plateaux de télévision. Pas de sorties approximatives aussitôt démenties par les faits. Le gouvernement limite son expression, assez classiquement, à quelques points d'étape détaillés, entre réunions et publication de décrets. De son côté, alors que le bilan reste à ce stade limité, trois personnes décédées, l'Organisation mondiale de la Santé veille à peser ses mots. Ses experts décrivent un « foyer épidémique grave », mais un risque faible pour la santé mondiale, l'Hantavirus étant, d'après ce qu'on en sait à ce stade, bien moins contagieux que le Covid. Ils nous disent qu'il faut être vigilants, mais pas alarmistes.
Enfin, la gestion du Covid a montré, même si c'est une évidence, l'absolue nécessité, dans notre village global, d'une coordination internationale. Cette leçon, l'administration Trump s'en moque. Elle a rompu avec l'OMS, a asséché les effectifs du ministère de la Santé, se complaît dans un discours anti science. Ce repli dramatique ne peut, à un mois du lancement de la Coupe du monde de foot, qu'inquiéter.



