Le Fatah, le parti nationaliste du président palestinien Mahmoud Abbas au pouvoir depuis 2005, est arrivé en tête du scrutin municipal dans plusieurs villes de Cisjordanie, selon les résultats publiés ce dimanche. Les Palestiniens de Cisjordanie et d’autres de Gaza ont voté samedi, sans grand engouement, pour désigner leurs maires et conseillers municipaux, premières élections depuis le début de la guerre à Gaza, sur fond de désillusions et de choix politiques limités.
Résultats du scrutin
La liste officielle du Fatah, nommée Fermeté & Générosité, est arrivée en tête à Hébron, la plus grande ville de Cisjordanie, ainsi qu’à Tulkarem et à Salfit, selon la Commission électorale centrale, basée à Ramallah. Lors d’une conférence de presse annonçant les résultats, le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa a décrit le scrutin comme « une expression de la volonté nationale du peuple palestinien ». Il a également salué l’inclusion de Deir el-Balah, dans la bande de Gaza, dans les élections locales, y voyant « une première étape vers un cadre national plus inclusif […] jusqu’à ce que nous atteignions l’unité dans toute la Palestine ».
Participation et exceptions
La participation globale en Cisjordanie a atteint 53,4 %, avec des élections organisées dans 183 municipalités. Aucun vote n’a eu lieu dans plusieurs villes importantes, comme Ramallah ou Naplouse (nord). Dans ces deux cas, une seule liste était enregistrée, et affiliée au Fatah ou dominée par celui-ci, rendant le scrutin inutile. À Jénine, une ville du nord de la Cisjordanie connue pour sa résistance armée de longue date contre l’occupation israélienne, le Fatah a remporté six des 15 sièges en lice, à égalité avec la liste indépendante « Jénine ». Des images relayées sur les réseaux sociaux montraient des groupes de jeunes hommes en pleine célébration dans le centre-ville, chantant des slogans faisant référence à des factions armées locales, et interprétant ces résultats comme un revers pour le Fatah.
Situation à Gaza
À Deir el-Balah, le taux de participation était nettement plus faible, seuls 22,7 % des 70 000 inscrits ayant voté. La plupart des listes étaient alignées avec le Fatah ou sans étiquette. Aucune ne se réclamait du Hamas, le rival islamiste du Fatah qui contrôle près de la moitié de la bande de Gaza, ravagée par plus de deux ans de guerre avec Israël. Les conseils des villes et des villages palestiniens sont responsables de services essentiels tels que l’eau, l’assainissement et les infrastructures locales, mais ils ne disposent pas de pouvoir législatif.



