Loi Le Meur à Sète : quel avenir pour les 1 000 Airbnb après les municipales ?
La ville de Sète, avec son patrimoine exceptionnel et son attractivité touristique croissante, compte aujourd'hui plus de 1 000 logements listés sur la plateforme Airbnb. Cette situation soulève depuis plusieurs années des questions cruciales en matière d'urbanisme, de pression sur le marché immobilier résidentiel et de régulation des activités touristiques. L'entrée en vigueur de la loi Le Meur, prévue pour début 2025, vient ajouter une nouvelle dimension à ce débat déjà complexe.
Une réforme nationale pour encadrer la location touristique
La loi Le Meur a pour objectif principal d'encadrer de manière plus stricte et uniforme la location meublée touristique sur l'ensemble du territoire français. L'une de ses dispositions les plus significatives, qui doit être appliquée au plus tard le 20 mai 2026, impose l'enregistrement obligatoire de toute location de meublé de tourisme via un téléservice national unique. Cette déclaration devra notamment préciser si le logement constitue ou non la résidence principale du propriétaire, qui devra en apporter les preuves nécessaires.
Cette mesure marque un tournant important, car elle remplace le système actuel d'enregistrement communal par une plateforme nationale centralisée. Pour les villes comme Sète, qui ont déjà instauré des réglementations spécifiques concernant le changement d'usage des logements au titre du Code de la construction et de l'habitation, cet outil de télédéclaration offrira de nouvelles possibilités de contrôle et de gestion.
De nouveaux outils pour les municipalités
La mise en place de ce système national permettra aux collectivités locales de systématiser les vérifications concernant les changements d'usage des logements. Les critères d'attribution des autorisations pourront ainsi être affinés et adaptés aux spécificités de chaque territoire. Concrètement, la Ville de Sète pourrait, si elle le décide, mettre en place des limitations plus précises concernant le nombre de logements touristiques autorisés par quartier ou par propriétaire.
La nouvelle législation offre également la possibilité de refuser l'autorisation d'activité de meublé de tourisme en cas d'infraction aux règles d'urbanisme communales, une option qui n'était pas disponible auparavant. Cette disposition pourrait s'avérer particulièrement utile dans une ville comme Sète, où certaines locations touristiques ont parfois contourné les dispositions du Plan local d'urbanisme.
Un enjeu électoral majeur pour les municipales de mars
Alors que le débat sur la prolifération des Airbnb s'est largement invité dans la campagne électorale pour les municipales de mars 2026, les choix de l'équipe qui sera élue le soir du 22 mars seront particulièrement scrutés sur ce sujet. La nouvelle municipalité devra en effet déterminer comment elle souhaite utiliser les outils offerts par la loi Le Meur pour réguler le marché des locations touristiques.
Plusieurs options s'offriront aux futurs élus : ils pourront décider de limiter strictement le nombre de logements touristiques dans certains quartiers sensibles, imposer des quotas par propriétaire, ou au contraire adopter une approche plus libérale. La question de la préservation du tissu résidentiel face au développement du tourisme de courte durée sera au cœur des décisions à prendre.
La situation à Sète, avec ses plus de 1 000 Airbnb, illustre parfaitement les défis auxquels sont confrontées de nombreuses villes touristiques françaises. La loi Le Meur, en créant un cadre national tout en laissant une marge de manœuvre aux collectivités locales, pourrait permettre de trouver un équilibre entre développement touristique et préservation de la qualité de vie des habitants.



