Leroy Merlin confronté à un blocage administratif à Saint-Georges-des-Coteaux
Le feuilleton Leroy Merlin, interdit d'ouverture à Saint-Georges-des-Coteaux, illustre une course contre le temps qui s'est heurtée à une réglementation renforcée sur l'artificialisation des sols, conformément à la loi Climat et résilience du 22 août 2021. En octobre 2019, un vent d'optimisme soufflait sur les terres en jachère de la Zone d'aménagement commercial du parc Centre-Atlantique. Après deux ans de négociations, Jean-Claude Classique, président de la Communauté d'agglomération de Saintes, et Ludovic Muys, responsable régional du développement de Leroy Merlin, signaient une promesse de vente pour un terrain de 4,3 hectares, à 29 euros HT le mètre carré.
Un projet ambitieux mais entravé par des obstacles juridiques
Six ans plus tard, le bâtiment domine le parc, Leroy Merlin a investi 20 millions d'euros, recruté et formé une centaine de personnes, mais ne peut toujours pas ouvrir. L'enseigne de bricolage et décoration envisageait son implantation à Saintes depuis 2008. En 2012, la Communauté de communes de Saintes validait la création d'une zone d'activité concertée de 57 hectares, réduite ensuite à 37 hectares. Cependant, des revers juridiques ont freiné le projet, notamment l'annulation du Plan local d'urbanisme de Saint-Georges-des-Coteaux en 2016, forçant la commune à adopter une procédure de mise en compatibilité.
Les péripéties administratives et l'impact de la loi Climat
Malgré ces difficultés, l'Agglo a poursuivi l'aménagement de la zone, avec l'inauguration d'un boulevard urbain en 2017 et l'installation de premières entreprises comme Chronopost. Leroy Merlin, considéré comme la "locomotive" du parc, a déposé un permis de construire en août 2020, mais a dû le réviser face aux avis défavorables de la Commission nationale d'aménagement commercial. Un décret du 13 octobre 2022, appliqué le 15 octobre 2022, a introduit des restrictions strictes sur l'artificialisation des sols pour les surfaces commerciales dépassant 10 000 mètres carrés, dans le cadre de l'objectif de Zéro artificialisation nette.
Un contentieux juridique persistant et des solutions en suspens
Le permis de construire final, accordé en avril 2023 pour 5 800 mètres carrés intérieurs et 2 700 mètres carrés extérieurs, a été contesté par des concurrents. En juin 2025, la cour administrative d'appel de Bordeaux a stoppé le projet, estimant que le dossier était incomplet et soumis au décret de 2022. Leroy Merlin a déposé un nouveau permis réduit à 4 498 mètres carrés, mais la CNAC a requalifié le "drive retrait" en surface de vente, excluant la dérogation. Pendant ce temps, d'autres enseignes comme La Foir'Fouille et Bureau Vallée ont obtenu des avis favorables, soulevant des questions sur la cohérence des décisions face à la loi Climat.
Le maire de Saint-Georges-des-Coteaux, Frédéric Rouan, reconnaît que les autorités n'anticipaient pas ces contraintes, opérant sous d'anciennes normes. Des solutions de circulation, comme un rond-point peint, ont été mises en place, mais une extension de la zone pourrait offrir une desserte plus efficace. Le projet reste en attente, illustrant les défis de concilier développement économique et réglementation environnementale.



