Forêts urbaines à Paris : où en sont les promesses d'Anne Hidalgo ?
En 2020, la maire de Paris Anne Hidalgo s'engageait à planter 170 000 arbres durant son mandat 2020-2026, avec comme projet phare la création de quatre « forêts urbaines ». Cinq ans plus tard, à l'approche des élections municipales, quel bilan peut-on dresser de ces initiatives ? Paris, l'une des capitales européennes les moins boisées avec seulement 14% de surface boisée hors bois périphériques, fait face à des défis climatiques majeurs, notamment lors des canicules.
Trois forêts urbaines déjà inaugurées
Malgré des ajustements techniques, trois des quatre forêts urbaines promises ont vu le jour. La place de Catalogne dans le XIVe arrondissement, ancien rond-point minéralisé, accueille désormais 470 arbres de 16 espèces différentes sur 4 000 mètres carrés, accompagnés de 1 200 arbustes. Le bois de Charonne dans le XXe arrondissement, aménagé sur une ancienne voie ferrée de la petite ceinture, s'étend sur environ 2 hectares avec 112 arbres de haute taille et 7 500 jeunes plants de 40 essences. Le parvis de l'Hôtel-de-Ville présente quant à lui 46 arbres matures sur 2 500 mètres carrés végétalisés. La quatrième forêt, place du Colonel-Fabien, doit être terminée au premier trimestre 2026 avec 79 arbres prévus sur 1 460 mètres carrés.
Des caractéristiques hybrides entre forêt et square
Ces espaces ont été créés par désimperméabilisation de surfaces minérales, avec apport de terre végétale et plantation d'arbres de 3 à 7 mètres de hauteur. Cependant, selon la définition de la FAO qui requiert une surface d'au moins 5 000 mètres carrés et un couvert arboré de 10%, ces projets ne constituent pas véritablement des forêts. Ils se distinguent aussi des squares traditionnels par des boisements plus denses et moins d'espaces de récréation, et des micro-forêts Miyawaki par des arbres plus grands et des densités plus faibles.
Une approche « naturelle » avec des essences majoritairement indigènesLes forêts urbaines parisiennes privilégient les essences du Bassin parisien, comme à la place de Catalogne où 60% des arbres sont indigènes. Cette stratégie vise l'adaptation au changement climatique, bien que la pertinence des espèces régionales reste discutée. La diversité des essences et des structures plantées constitue un atout pour la résilience écologique.
Impact et perspectives de ces projets pilotes
Ces plantations, bien que sur des surfaces modestes, contribuent à la végétalisation de Paris, à l'augmentation de la canopée et aux continuités écologiques. Opérations médiatisées à coût élevé, elles démontrent la faisabilité de créations ex nihilo de boisements urbains. Elles s'inscrivent dans le « Plan arbre 2021-2026 » de la ville, qui prévoit également des alignements d'arbres, des extensions de parcs et la densification dans les cimetières ou cours d'école.
L'évolution de ces forêts urbaines devra être suivie sur les prochaines décennies pour évaluer leur contribution à l'adaptation de Paris aux défis climatiques futurs.


