Sainte-Soline : feu vert ministériel pour la dérogation, le remplissage se précise
Sainte-Soline : feu vert pour la dérogation, remplissage en vue

Le feu vert du ministère de la Transition écologique, donné le 2 octobre, relance le dossier de la bassine de Sainte-Soline (Deux-Sèvres). La ministre Monique Barbut a autorisé la délivrance de la dérogation « espèces protégées » par la préfecture des Deux-Sèvres. Cette dernière tranchera à l'issue d'une consultation publique ouverte jusqu'au 18 octobre. En décembre 2024, la cour administrative d'appel de Bordeaux avait suspendu l'autorisation de quatre « bassines », dont celle de Sainte-Soline, au motif qu'elles menaçaient la survie de l'outarde canepetière, un oiseau protégé.

Un avis défavorable du CNPN, puis un feu vert ministériel

Le groupement La Coop de l'eau, qui regroupe 450 agriculteurs irrigants favorables à ces réserves, avait d'abord reçu un avis défavorable du Conseil national de la protection de la nature (CNPN) le 9 juillet. Mais la ministre a ensuite donné son feu vert à la dérogation. Dans son avis, révélé par La Nouvelle République et consulté par l'AFP, le ministère souligne que la réserve de substitution « constitue un maillon nécessaire, bien que non exclusif, d'une stratégie plus large d'adaptation au changement climatique ».

La cour administrative d'appel de Bordeaux avait suspendu les mises en chantier des trois autres ouvrages, destinés à stocker de l'eau pompée en hiver dans les nappes pour irriguer en été, et le remplissage de la réserve de Sainte-Soline « jusqu'à la délivrance éventuelle » d'une dérogation. La bassine de Sainte-Soline, à peine achevée, avait été le théâtre de violentes manifestations en 2022 et 2023.

La Coop de l'eau salue, les opposants dénoncent un passage en force

La Coop de l'eau salue dans un communiqué : « L'État reconnaît désormais l'utilité de la réserve de Sainte-Soline et l'absence d'alternative satisfaisante ». Le groupement assure que « tout sera mis en œuvre » pour respecter les conditions fixées. Julien Le Guet, porte-parole du collectif Bassines Non merci, a dénoncé « un passage en force ». « Il est hors de question qu'on laisse ce remplissage se faire sans bouger le petit doigt », a-t-il déclaré.

France Nature Environnement pourrait attaquer l'arrêté préfectoral

France Nature Environnement, qui fait partie de la dizaine d'associations à l'origine du recours devant la justice administrative, verra « les suites à donner » au potentiel futur arrêté préfectoral, qu'elle n'exclut pas d'attaquer. La décision finale revient désormais au préfet des Deux-Sèvres, après la consultation publique.