Générac va tester un ballon Bluetooth pour alerter en cas de feu
Générac teste un ballon Bluetooth pour alerter la population

La commune de Générac, dans le Gard, va expérimenter un ballon connecté capable de transmettre des messages d'alerte à la population via un réseau Bluetooth, même en cas de défaillance des télécommunications. Cette technologie est testée dans le cadre du projet européen AWARENESS, doté de 5 millions d'euros, qui a débuté ses expérimentations ce mercredi 7 octobre, alors que le département est placé en vigilance orange aux orages.

Un projet européen pour répondre aux catastrophes naturelles

Le projet AWARENESS (Advancing Widespread Awareness and Resilience Engagement) a été retenu parmi 110 candidatures à l'appel à projet de l'Union européenne. Il réunit Nîmes Métropole, la commune de Générac, le SDIS 30, ainsi que des partenaires de plusieurs pays européens. La présentation du projet s'est déroulée dans les locaux du bâtiment B46, sur le site de l'aéroport de Nîmes-Garons.

L'objectif est de mieux préparer les populations face à la hausse des catastrophes naturelles. Le Gard a connu plusieurs incendies importants : le 22 septembre dernier, 50 hectares de végétation ont brûlé à Générac, et en 2019, un incendie avait parcouru près de 800 hectares dans la même commune.

Un Bluetooth à distance déployé depuis un ballon

La technologie testée à Générac est développée par la start-up toulousaine Leoblue, fondée en 2023, spécialisée dans les technologies de communication par satellite pour l'alerte des populations. "On sait que lors d'importants feux de forêt, le réseau ne fonctionne plus ou est saturé", explique Diego Carballo, chef de projets européens chez Aerospace Valley, le pôle de compétitivité toulousain qui coordonne le projet.

Le système repose sur un ballon captif équipé d'un émetteur Bluetooth à distance. "L'idée est de fournir la communication du dernier kilomètre. Pour l'instant, la technologie sera déployée via un ballon captif. Par exemple, si le ballon est déployé à un kilomètre de haut, cela va permettre de couvrir un périmètre de 7 000 km²", précise Aude Nzeh Ndong, directrice des opérations de Leoblue. Cette technologie pourra également être utilisée lors d'inondations ou d'autres catastrophes naturelles.

Une phase d'adaptation aux besoins locaux

L'outil est déjà opérationnel, mais doit être amélioré en fonction des besoins du territoire. "Pendant six mois, nous allons discuter avec les acteurs du territoire pour identifier les besoins et pouvoir mettre cette technologie en application en conditions réelles", complète Iason Senekkis, chargé de mission Projets européens Pôle aéroport à Nîmes Métropole.

D'autres technologies seront expérimentées dans les pays partenaires : la Belgique, l'Espagne, l'Italie, la Norvège, la Pologne et la France. En Espagne, le Bluetooth à distance sera également déployé, avec une partie incluant l'intelligence artificielle (IA). En Norvège, un jumeau numérique simulant des situations d'inondations sera testé. En Pologne, des drones utilisant l'IA identifieront les crues éclair. En Italie, un outil spatial collectera des données satellitaires pour mieux anticiper les catastrophes.

Au terme des trois années du projet, les retours d'expérience serviront à proposer un "packaging d'outils" réunissant ces technologies. L'objectif est d'améliorer la sensibilisation et la préparation des populations face aux risques de catastrophes naturelles.