Selon une étude du SSMSI d'octobre 2025, 28 % des collégiens et 23 % des lycéens déclarent avoir été victimes de cyberviolences en France en 2025. Face à ce constat, l'Observatoire de la Parentalité et de l'Éducation Numérique (OPEN) alerte sur les dérives des communautés en ligne qui diffusent des discours sexistes ou violents, et sur les moyens de protéger les mineurs.
Un enfermement algorithmique qui banalise les discours extrêmes
L'OPEN s'intéresse particulièrement aux mécanismes qui poussent un adolescent à rejoindre ou à rester dans une communauté en ligne véhiculant des idées masculinistes ou violentes. Selon l'association, la réponse se trouve souvent en dehors du monde numérique, dans la polarisation croissante du débat politique. Le masculinisme ou la violence peuvent offrir une radicalité attrayante lors des questionnements identitaires propres à l'adolescence. Les jeunes s'inspirent aussi des adultes, principaux responsables de cette polarisation.
Les plateformes jouent un rôle majeur dans la circulation et la banalisation de ces discours. L'algorithme y contribue fortement : qu'on y accède par inadvertance ou volontairement, les plateformes concluent que c'est ce que l'on recherche. Cet enfermement algorithmique contribue à banaliser des opinions et comportements nauséabonds.
Signaux d'alerte et dialogue : les clés pour les parents
À partir de quel moment peut-on considérer qu'un adolescent est en danger ? Certains signaux alertent : isolement, repli sur soi, temps excessif devant les écrans, troubles du sommeil ou décrochage scolaire. Toutefois, ces signes peuvent aussi refléter des fragilités adolescentes habituelles. Maintenir un dialogue régulier reste la meilleure approche pour les parents.
L'OPEN recommande de ne pas nécessairement citer ces communautés pour faire de la prévention, mais de déconstruire leurs arguments pour démontrer en quoi ils sont nocifs et scientifiquement inexistants. « Cessons de considérer les ados comme des crétins digitaux », insiste l'association. Les jeunes connaissent généralement les influenceurs masculinistes. Ils sont aussi nombreux à être capables de réfléchir par eux-mêmes, parfois bien plus que les adultes.
Des supports de médiation et une politique publique jugée insuffisante
Que peut-on dire à un adolescent qui commence à adhérer à ce type de discours ? Le dialogue est essentiel, adapté à la maturité émotionnelle de l'enfant. L'utilisation de supports de médiation (films, séries) peut faciliter les échanges, à l'instar de l'utilisation de la série Adolescence dans les classes au Royaume-Uni.
Interrogé sur l'action des pouvoirs publics, l'OPEN répond clairement : non. La prévention et l'éducation numérique manquent d'efficacité et de soutien, notamment à l'école. Changer les choses nécessite une politique publique ambitieuse et durable sur le long terme.