La liberté académique menacée : l'offensive antiscience s'intensifie aux États-Unis
Offensive antiscience : la liberté académique menacée aux États-Unis

L'offensive antiscience s'intensifie aux États-Unis

Il y a un an, le mouvement Stand Up for Science France organisait une série d'événements pour défendre les sciences face aux attaques croissantes. Depuis, la situation n'a fait qu'empirer, particulièrement aux États-Unis où les sciences de la santé, les sciences du climat et les sciences humaines sont ciblées de manière systématique.

Des attaques concrètes et multiformes

Les exemples de cette offensive sont nombreux et préoccupants. Les États-Unis se sont retirés de plus de 60 organisations internationales de science et d'expertise, isolant ainsi la recherche américaine de la communauté scientifique mondiale. Les baisses drastiques de budget et d'emplois dans les agences publiques ont entraîné une diminution de 14% du nombre de docteurs travaillant dans les domaines STEM et des sciences de la santé en seulement un an.

Le ministre de la santé, R. F. Kennedy, a nommé dans diverses commissions des personnes ouvertement hostiles à la vaccination, remettant en question des programmes de santé publique essentiels et relayant des critiques scientifiquement infondées contre les vaccins contre la rougeole ou la poliomyélite.

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Climat et histoire réécrits

Donald Trump a affirmé devant l'ONU que le réchauffement climatique était une "escroquerie", ouvrant la voie au démantèlement des réglementations environnementales. L'agence de protection de l'environnement a abrogé la déclaration scientifique de 2009 sur les conséquences néfastes des gaz à effet de serre, tandis que le ministère de l'Énergie a exempté les nouveaux réacteurs nucléaires expérimentaux de l'obligation de publier une analyse des risques d'accident.

Une réécriture inquiétante de l'histoire est également en cours, avec le démantèlement d'expositions sur l'esclavage dans les musées, sur les Amérindiens dans les parcs nationaux, et même sur les procédures de destitution de l'ancien président Trump au musée Smithsonian.

Pourquoi ces attaques contre les sciences ?

La défense des sciences est intrinsèquement liée à la défense de la démocratie. Les sciences reposent sur des débats libres pour progresser dans la connaissance, en reconnaissant l'existence d'une réalité indépendante des idéologies. La liberté académique permet cette recherche de vérité, alors que l'autoritarisme cherche à imposer son point de vue indépendamment des preuves scientifiques.

Les leviers de l'affaiblissement scientifique

Plusieurs stratégies sont déployées pour affaiblir l'appareil scientifique :

  • Désinvestissement massif dans les sciences et les universités
  • Dénigrement systématique des scientifiques et universitaires
  • Nomination à des postes clés de personnes hostiles à la démarche scientifique
  • Financements décidés par le gouvernement sans consultation de la communauté scientifique
  • Production de désinformation et remise en question de consensus scientifiques
  • Censure, pressions et menaces contre les chercheurs
  • Représailles contre les institutions ou individus qui s'opposent

La résistance s'organise

Face à cette offensive, la résistance commence à s'organiser. En janvier 2026, le Congrès américain a rejeté à une large majorité bipartisane les coupes budgétaires massives dans la recherche scientifique proposées par l'administration Trump. Des agences cruciales comme la NASA, la NSF ou la NOAA peuvent ainsi conserver leur budget.

Les graves atteintes à la liberté académique pratiquées par l'administration Trump représentent un précédent dangereux qui pourrait faire école en France et ailleurs en Europe. La communauté scientifique française exprime sa solidarité avec ses collègues américains et alerte sur les dommages majeurs que constituent ces attaques, autant pour la démocratie que pour les sciences.

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Parmi les signataires de cet appel : Daniel Andler (mathématicien et philosophe), Alain Aspect (physicien, Prix Nobel 2022), Dominique Barthélémy (historien), Bruno Chaudret (chimiste), Pascale Cossart (biologiste), Odile Eisenstein (chimiste), Anne Ephrussi (biologiste), Alain Fischer (médecin et immunologiste), Tatiana Giraud (écologue), Alice Guionnet (mathématicienne), Claire Mathieu (informaticienne), Jean-Marie Moeglin (historien), Guy Perrin (astronome), Antoine Triller (biologiste) et Claire Voisin (mathématicienne).