Frédéric Moynier, un cosmochimiste au cœur des trésors lunaires
Frédéric Moynier, cosmochimiste à l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP), ne craint pas de viser la Lune. Infatigable et difficile à attraper entre ses rendez-vous à Washington et en Chine, il nous reçoit dans son bureau, près du Muséum national d'histoire naturelle, qui abrite une vaste collection de roches, y compris extraterrestres.
Des échantillons précieux d'astéroïdes et de la Lune
Notre hôte conserve dans son bureau des échantillons des astéroïdes Ryugu et Bénou, rapportés par les agences spatiales japonaise et américaine lors de missions audacieuses. Ces grains sont stockés dans de lourds conteneurs spéciaux à paroi métallique de plusieurs centimètres d'épaisseur. Mais ce ne sont pas ses seuls trésors : son coffre-fort contient aussi des roches lunaires du programme Apollo et de la mission chinoise Chang'e-5.
Une expertise unique en géochimie isotopique
Frédéric Moynier, nommé directeur adjoint de la recherche à l'IPGP en janvier, est l'un des rares chercheurs au monde à travailler sur les roches lunaires des programmes américains et chinois. Cette reconnaissance internationale reflète son statut de grand spécialiste de la géochimie isotopique des métaux, un domaine devenu indispensable pour comprendre l'histoire du Système solaire.
Son travail sur ces échantillons lunaires et astéroïdaux permet d'approfondir notre connaissance des processus de formation et d'évolution des corps célestes. Les missions spatiales récentes, comme celles rapportant des échantillons de Ryugu et Bénou, ont ouvert de nouvelles perspectives pour la cosmochimie, en fournissant des matériaux primitifs du Système solaire.
La collaboration internationale dans ce domaine est cruciale, comme en témoigne l'accès de Moynier aux roches lunaires américaines et chinoises. Cette ouverture favorise les avancées scientifiques et renforce la position de la France dans la recherche spatiale mondiale.



