Nettoyage de l'Hérault : des bénévoles retirent des déchets avant les crues
Nettoyage de l'Hérault : des bénévoles retirent des déchets avant les crues

Ce lundi, entre Canet et Aspiran, dans l'Hérault, des bénévoles ont ramené sur la berge des pneus, du plastique et un grillage, lors d'une opération de nettoyage du fleuve avant les prochaines crues. La récolte, déposée en bord de route, a été récupérée par les services municipaux de Canet.

Une opération de nettoyage avant les crues

Philippe Carrière, président de l'association Animagou, a coordonné l'opération. Il explique sa motivation : « Je sais pourquoi je le fais, ce n'est pas pour les êtres humains ni pour les générations futures, c'est pour la vie maintenant ». Il était accompagné de Fabien, un bénévole venu de Lieuran-Cabrières. Ensemble, ils ont extrait un vieux pneu de camion immergé dans les graviers du fleuve. Ce pneumatique aurait continué à libérer des substances toxiques dans les eaux pendant des siècles.

« Seul, cela m'aurait pris des jours. À quatre, quelques heures ont suffi pour nettoyer le secteur. Il fallait intervenir avant la prochaine crue », apprécie Philippe Carrière. Guilhem Adrover, coiffeur à Canet et membre de l'association, ajoute : « L'union fait la force ». Il précise que ce type d'action existe depuis une trentaine d'années : « Nous avions commencé ce genre d'action avec mes amis Joël et Eric. Lors de la première édition, nous avions appelé cela "L'Hérault fait son beau", nous avions récolté un polybenne complet de déchets ».

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Des habitudes anciennes et des incivilités persistantes

Guilhem Adrover rappelle que, par le passé, jeter ses déchets dans le fleuve était une pratique courante : « À l'époque, c'était même une habitude de tout jeter à l'Hérault. Les gens qui habitaient au bord "escampaient" tout dans le fleuve. L'éboueur faisait sa tournée tous les matins, reculait jusqu'au bord du fleuve et bennait tout là, pendant des années, c'était officiel ». Il constate que, malgré les évolutions, les mentalités n'ont pas totalement changé : « Avant, on peut dire que nous ne savions pas. Aujourd'hui, cela fait 40 ans que nous sommes éduqués à ce problème. Les gens savent, ils n'ont plus d'excuses. Mais beaucoup manquent de civisme ».

Fabien, venu de Lieuran-Cabrières, se dit « exaspéré » plutôt que désespéré. Stéphane, pêcheur, souligne que la zone, une ancienne gravière, abrite des gravelots au printemps, mais qu'ils disparaissent l'été en raison du dérangement. Il déplore aussi la circulation des véhicules dans le lit de la rivière, qui perturbe les frayères à poissons. La pêche du jour a permis de ramasser « des pneus, du grillage, un canoé kayak, des tas de bouteilles en plastique », selon Stéphane, qui ironise : « À cette pêche-là, au moins, on est jamais capot ».

Une action saluée par le maire de Canet

Le maire de Canet, Claude Revel, a félicité les bénévoles : « Je les félicite d'avoir fait cela. Mais il faudrait probablement y retourner après les prochaines pluies, c'est le problème ». Il note que les lieux de baignade ont été « relativement calmes » cet été, grâce à la vigilance de la police municipale et de la gendarmerie.

L'opération de ce lundi s'inscrit dans le cadre du « World Clean up day », initialement prévu le dimanche 20 septembre, pendant les Journées européennes du patrimoine. Les déchets collectés ont été entreposés en bord de route entre Canet et Aspiran, pour être évacués par les services municipaux.

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