L'Association défense et protection du Faron (ADPF) a publié un « livre blanc » listant huit propositions pour préserver le mont Faron, site protégé de 1 200 hectares, et les 180 000 Toulonnais qui vivent à son pied. Le document, dévoilé alors que la Ville s'apprête à rendre les conclusions de sa consultation citoyenne sur l'avenir du sommet, privilégie la prévention des incendies, la valorisation du patrimoine et la lutte contre les constructions illégales, plutôt que des projets d'attractivité touristique.
Un constat alarmiste sur le risque incendie
« Malheureusement, on sait tous que ça brûlera un jour ici », explique Jean-Pierre Calistri, président de l'ADPF. « La vraie question, c'est de savoir ce qu'auront fait les décideurs au préalable pour limiter la casse ». Pour l'association, créée en 1983 pour lutter contre un projet immobilier de 10 000 logements imaginé par le maire Maurice Arreckx, il faut écarter tout développement touristique « excessif » et se concentrer sur la conservation du site.
Le classement du Faron en site protégé, obtenu par les militants en 1991 « après huit ans de combat », ne suffit pas. L'ADPF demande en priorité la création d'un comité de gestion du mont Faron. « Cette mesure permettrait de traiter, avec tous les acteurs, l'ensemble des enjeux liés au Faron », souligne le président. Elle réclame aussi l'élaboration par la métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM) du Plan intercommunal de débroussaillement et d'aménagement forestier (PIDAF), toujours attendu, ainsi que le plan de déploiement et d'entretien des équipements type citerne ou piste DFCI.
Ouvrir le fort Faron au public et repenser le zoo
L'association ne néglige pas le patrimoine. « Le fort Faron, acheté par la Ville à l'armée en 1984 pour un franc symbolique, est une œuvre architecturale majeure », rappelle Michel Bonjardini, fondateur de l'ADPF. « Mais il ne sert à rien. Nous demandons à ce qu'un projet de réhabilitation et de valorisation soit défini. Ce patrimoine militaire doit pouvoir être ouvert au public. »
Quant au zoo du Faron, l'ADPF soutient l'idée de « transformer la fauverie en espace méditerranéen et pédagogique », éventuellement sur un modèle de « mini-ferme ». L'association veut également « combattre plus efficacement la cabanisation » et les constructions illégales, et améliorer « la signalétique et l'accueil du public » pour promouvoir la faune et la flore endémiques.
La forêt privée, un risque majeur à gérer
Michel Bonjardini insiste sur l'importance de la forêt privée, souvent non entretenue, voire « inextricable », qui couvre les pentes de la montagne calcaire. « Cette forêt totalement impénétrable entraîne un risque incendie maximal », prévient-il. Pour y remédier, il propose que les collectivités rachètent ces parcelles via « le droit de préemption au titre des espaces naturels sensibles ».
Jean-Pierre Calistri détaille la répartition des propriétés : « La mairie est propriétaire de 440 hectares, la Redif (régie chargée de la gestion du téléphérique) de 200 hectares, les propriétaires privés ont 800 hectares… Tout ça doit absolument être intégré dans un grand plan de gestion forestière qui n'existe pas… » Il évoque aussi « une forêt de pins et de chênes qui vieillit » et les « 500 hectares brûlés depuis 1934 ». Un historique qui rappelle les feux dévastateurs de 1987 (100 hectares) et de 1999 (70 hectares).