Les laissées de mer de Michel Peltier : un ballet plastique multicolore
Michel Peltier expose ses laissées de mer à Morcenx

Le photographe plasticien expose à la médiathèque de Morcenx-la-Nouvelle ses clichés de « laissées de mer ». Une série grand format qui transforme les résidus de filets et de nylon échoués sur le littoral landais en un ballet multicolore aussi esthétique qu’inquiétant.

Le déclencheur : un Brownie Flash Kodak

Comme pour de nombreux photographes, le Brownie Flash de Kodak – cette étrange boîte grise et noire qui faisait clic-clac – a été l’élément déclencheur de sa passion pour l’image. À 73 ans, Michel Peltier se souvient encore de ses premiers clichés en noir et blanc, alors qu’il présente à la médiathèque de Morcenx, jusqu’au samedi 30 mai 2026, une série de photos grand format, insolentes de couleurs et de contrastes. Les « laissées de mer » gorgées de plastique, saturées de mailles de filets artificiels, ébouriffées de nylon et autres fibres venues d’ailleurs, sautent aux visages des visiteurs. Morceaux de plastique perdus en mer, charriés par l’océan, échoués sur le sable mouillé, forment un ballet multicolore aussi improbable qu’inquiétant.

« Je ne cherche pas à faire d’effets particuliers, confie cet ancien cadre de l’Éducation nationale. Je me promène sur les plages des Landes, mon appareil photo à la main, de préférence en fin de journée, lorsque le soleil couchant sublime les couleurs. Et j’ai un petit faible pour les mois d’hiver, avant que les rivages soient ‘nettoyés’. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Art, pédagogie et recherche

Chercheur en littérature jeunesse et en didactique de la lecture, Michel Peltier poursuit un chemin singulier, à la croisée de l’art, de la pédagogie et de la recherche. Photographe plasticien autant qu’homme de transmission, il est de ceux pour qui l’image n’est jamais un simple objet esthétique, mais un outil de compréhension du monde.

« Ce que je photographie en gros plan, c’est notre ennemi à tous, le plastique. Car sans le savoir, nous mangeons du plastique, nous buvons du plastique et nous respirons du plastique, s’inquiète-t-il. Et comble pour un photographe, c’est le plastique que l’on ne voit pas qui est le plus dangereux ! » La beauté latente des choses, qu’il s’applique à saisir derrière son viseur, rejoint ici une esthétique plus trouble, plus sournoise, plus inquiétante : la beauté du diable.

D’autres séries photographiques sont à découvrir sur www.michelpeltier.com.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale